LIVRE VI. FABLE V
Il ajuste d'une autre sorte
La température des cieux :
Son champ ne s'en trouve pas mieux ; Celui de ses voisins fructifie et rapporte. Que fait-il ? il recourt au monarque des dieux ;
Il confesse son imprudence.
Jupiter en usa comme un maître fort doux.
Concluons que la Providence '
Sait ce qu'il nous faut mieux que nous*.
Fable V. — Le cochet, le chat ^ de \^^HP^, et le souriceau ^^, ^-f r-^^ T/^,.
Un souriceau tout jeune, et qui n'avait rien vu, Gi \ ci^^
Fut presque pris au dépourvu.
Voici comme ^ il conta l'aventure à sa mère :
« J'avais franchi les monts qui bornent cet État,
Et trottais comme un jeune rat
Qui cherche à se donner carrière, Lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux ;
L'un doux, bénin, et gracieux, Et l'autre turbulent, et plein d'inquiétude * ;
Il a la voix perçante et rude.
Sur la tête un morceau de chair, Une sorte de bras dont^ il s'élève en l'air
Comme pour prendre sa volée,
La queue en panache étalée. »
Or. c'était un cochet " dont notre souriceau
Fit à sa mère le tableau, Comme d'un animal venu de l'Amérique.
« Il se battait, dit-il. les flancs avec ses bras,
Faisant tel bruit et tel fracas Que moi, qui, grâce aux dieux, de courage me pique
1. Comparez pour la morale le 4. Inquiétude. Lex. Gland et la citrouille, (L. IX, f. 4.) 5. Dont. Grammaire,pronom l'e-