LIVRE VII. FABLE III
Etait de voir les gens plus paresseux- qu'ici :
Ils n'ont des troupeaux nul souci.
Je leur * savais bien dire, et m'attirais la haine
De tous ces g-ens si peu soigneux.
— Eh! Madame, reprit son époux tout à l'heure %
Si votre esprit est si hargneux
Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous et ne revient qu'au soir,
Est déjà lassé de vous voir, Que feront des valets qui toute la journée
Vous verront contre eux déchaînée?
Et que pourra faire un époux Que vous A'oulez qui ^ soit jour et nuit avec vous? Retournez au village : adieu. Si de ma vie Je vous rappelle et qu'il m'en prenne envie, Puissé-je chez les morts aA'oir pour mes' péchés Deux femmes comme vous sans cesse à mes côtés * ! »
Fable III.— Le rat qui s'est retiré du monde '.
Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins ^ d'ici-bas,
Dans un fromage de Hollande
Se retira loin du tracas.
La solitude était profonde,
S'étendant partout à La ronde.
Notre ermite nouveau subsistait là-dedans.
Il fit tant, de pieds et de dents.
Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitape Le vivre et le couvert; que faut-il davantage? Il devint gros et gras ' : Dieu prodigue- ses biens
A ceux qui font vœu d'être siens.
1. Je ?e»r savais. V.Grammaire, ceux qui partent le matin avec cllipfie du pronom. leurs troupeaux et rentrent le soir,