‹ Œuvres choisiesChapitre 279 sur 507 · LIVRE Ml. — FABLE XV · texte numérisé non relu

LIVRE Ml. — FABLE XV

Une fe^iime à Paris faisait la pylhonisse*. On l'allail consulter sur chaque événement * Perdait-on un chiffon, avait-on un amant, Un mari vivant trop, au g^ré de son épouse, Une mère fâcheuse, une femme jalouse.

Chez la devineuse - on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait.

Son fait* consistait en adresse :

Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse. Du hasard quelquefois, tout cela concourait, Tout cela bien souvent faisait crier miracle. Entni, quoique ignorante à vingt et trois carats *,

Elle passait pour un oracle.

L'oracle était logé dedans' un galetas;

Là, cette femme emplit sa bourse,

Et, sans avoir d'autre ressource, Gagne de quoi donner un rang à son mari : Elle achète un office % une maison aussi.

Voilà le galetas rempli D'une nouvelle hôtesse, à qui toute la ville. Femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin, Allait, comme autrefois, demander son destin : Le galetas devint l'antre de la sibylle. L'autre femelle avait achalandé ^ ce lieu. Cette dernière femme eut beau faire, eut beau dire, (( Moi devine Mon se moque: eh! messieurs, sais-je lire? Je n'ai jamais appris que ma croix de par Dieu ^ » Point de raison; fallut *'^ deviner et prédire.

Mettre à part force bons ducats**, Et gagner malgré soi plus que deux avocats.

1. La Pythonisse. En fait de de- 6. Un ofjfice. Une charge publivineresses, la Bible nous offre la que.

pythonisse d Endor, la Grèce la 7. Ac/iaZandé se dit d'un lieu où

Eytlîie de Delphes, l'Italie la si- affluent les clients,

ylle de Cumes. S. Devine. Lex.

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