LIVRE VIII. — FABLE IV
D'un loup écorché vif appliquez-vous la peau Toute chaude et toute fumante; Le secret * sans doute en est beau Pour la nature défaillante.
Messire ' loup vous servira, S'il vous plait, de robe de chambre. » Le roi goûte cet avis-là :
On écorche, on taille, on démembre Messire loup. Le monarque en soupa, Et de sa peau s'enveloppa.
Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire. Le mal se rend chez vous au quadruple du bien. Les daubeurs ont leur tour d'une ou d'autre manière ;
Vous êtes dans une carrière
Où l'on ne se pardonne rien.
Fable IV. — Le pouvoir des fables \
A M. Dr. BAUir.:,ON *.
La qualité d'ambassadeur Peut-elle s'abaisser à des contes A'ulgaires? \^ous puis-je offrir mes vers et leurs g-ràces lég-ères? S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur, Seront-ils point ' traités par vous de téméraires?
Vous avez bien d'autres affaires *
A démêler que les débats
Du lapin et de la belette.
Lisez-les, ne les lisez pas;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens ; mais que l'Angleterre ^
î Le secret. Le secret que 3. Seront-ils point. V. Gram-
^ vilàestadniirableassurémeBt,etc. maire, négstion.