‹ Œuvres choisiesChapitre 299 sur 507 · LIVRE VIII. — 1 ABLi: VII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — 1 ABLi: VII

Sort du lit quand le jour fut à peine levé;

Et de courir chez sa voisine :

« Ma commère, dit-elle, un cas est arrive; N'en dites rien, surtout, car vous me fer'c baltro : Mon mari vient de pondre un œuf g^ros comme quatre.

Au nom de Dieu, g-ardez-vous bien

D'aller publier ce mystère.

— Vous moquez-vous? dit l'autre: ah! vous ne savez guère

Quelle je suis. Allez, ne craignez rien *. » La femme du pondeur s'en retourne chez elle, li'autre g-rille déjà de conter la nouvelle; Elle va la répandre en plus de dix endroits;

Au lieu d'un œuf, elle en dit trois.

Ce n'est pas encor tout ; car une autre commère En dit quatre, et raconte à l'oreille le fait :

Précaution peu nécessaire.

Car ce n'était plus un secret.

Gomme le nombre d'œufs, grâce à la renommée,

De bouche en bouche allait croissant,.

Avant la fin de la journée

Ils se montaient à plus d'un cent.

Fable Vil. — Le chien qui porte à son cou le dîné de son maître ^

Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles, Ni les mains à celle de l'or :

Peu de gens gardent un trésor .

4vec des soins assez fidèles.

Certain chien, qui portait la pitance ^ au logis, S'était fait un collier du diné * de son maitre. 11 était tempérant, plus qu'il n'eût voulu l'être,

Quand il voyait un mets exquis; Mais enfin il l'était; et, tous tant que nous sommes, Nous nous laissons tenter à l'approche des biens. Chose étrange ! on apprend la tempérance aux chiens,

t. Ce petit dialogue est plein de Lyonnais, M. de Puget, qui avait

naturel. traité ce sujet.

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