‹ Œuvres choisiesChapitre 343 sur 507 · LIVRE IX. — FABLE II · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — FABLE II

Le lacs était usé : si bien que, de son aile, De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin ; Quelque plume y périt ; et le pis du destin Fut qu'un certain vautour, à la serre cruelle, Vit notre malheureux qui, traînant la ficelle Et les morceaux du lacs qui l'avait attrapé,

Semblait un forçat échappé.

Le vautour s'en allait le lier', quand des nues Fond à son tour un aigle aux ailes étendues. Le pigeon profita du conflit des voleurs, S'envola, s'abattit auprès d'une masure,

Crut, pour ce coup, que ses malheurs

Finiraient par cette aventure :

Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pilié)' Prit sa fronde, et, du coup, tua plus d'à moitié

La volatile* malheureuse, Qui, maudissant sa curiosité.

Traînant l'aile, et tirant le pied,

Demi-morte et demi-boiteu>e,

Droit au logis s'en retourna :

Que bien, que mal*, elle arriva

Sans autre aventure fâcheuse.

Voilà nos gens rejoints; et je laisse à juger. De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.

— Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? ' ,

Que ce soit aux rives prochaines ; j

Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,

Toujours divers, toujours nouveau; Tenez-vous Ji9,u;de tout, comptez pour rien le reste. ! J'ai queiquéfo'is^'aimé ; je n'aurais pas alors -^.-XjlJI^'

Contre le Louvre et ses trésors, lT^^u^c /

Contre le firmament et sa voûte céleste ^l^i^^^fs^ ^^

Changé les bois, changé les lieux "^ c. ,^vj ^^ ' Honorés par les pas, éclairés par les yeux ^ r- —

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