LIVRE IX. FABLE XI
Le pêcheur eutiraison ; carpilloii n'eut pas tort. Chacun dit ce qu'il peut pour défendre sa vie.
Maintenant il faut que j'appuie Ce que j'avançai lors -, de quelque trait encor.
Certain loup, aussi sot que le pécheur fut sage^
Trouvant un chien hors du villag^e, S'en allait l'emporter. Le chien représenta Sa maigreur : « Jà - ne plaise à votre seigneurie
De me prendre en cet état-là ;
Attendez : mon maître marie
Sa, fille unique ; et vous jugez Qu'étant de noce, il faut, malgré moi, que j'engraisse. »
Le loup le croit, le loup le laisse.
Le loup, quelques jours écoulés.
Revient voir si son chien n'est point meilleur à prendre.
Mais le drôle était au logis ;
Il dit au loup par un treillis :
« Ami, je vais sortir ; et, si tu veux attendre^
Le portier du logis et moi
Nous serons tout à l'heure ' à toi. » Le portier du logis était un chien énorme,
Expédiant les loups en forme.
Celui-ci s'en douta. « Serviteur au portier, » Dit-il ; et de courir. Il était fort agile ;
Mais il n'était pas fort habile :
Ce loup ne savait pas encor bien son métier.
Fable XL — Rien de trop *.
Je ne vois point de créature
Se comporter modérément.
Il est certain tempérament '
Que le maitre de la nature Veut que l'on garde en tout. Le fait-on? nullement, Soit en bien, soit en mal, cela n'arrive guère.