LIVRE X. — FABLE IV
D'où voii^ vient cet avis? Quel est votre garant?
Kles-vous sûr de cette affaire?
N'y savez-vous remède? Et qu*est-il bon de faire?
— Changer de lieu, dit-il. — Gomment le ferons-nous?
— N'en soyez point en soin* : je vous porterai tous,
L'un après l'autre, en ma retraite.
Nul que Dieu seul et moi n'en connaît les chemins :
Il n'est demeure plus secrète.
Un vivier que Nature - y creusa de ses mains,
Inconnu des traîtres humains,
Sauvera votre république '. »
On le crut. Le peuple aquatique
L'un * après l'autre fut porté
Sous ce rocher peu fréquenté.
Là, Cormoran, le bon apôtre,
Les ayant mis en un endroit
Transparent, peu creux, fort étroit, Vous les prenait sans peine, un jour l'un, un jour l'autre.
Il leur apprit à leurs dépens Que l'on ne doit jamais avoir de confiance
En ceux qui sont mangeurs de gens.
Ils y perdirent peu, puisque Thumaine engeance^ En aurait aussi bien croqué sa bonne part.
Qu'importequivous mange? homme ou loup, toute panse Me paraît une à cet égard ; Un jour plus tôt, un jour plus tard, Ce n'est pas grande différence.
Fable IV, — L'enfouisseur et son compère *.
Un pincemaille ' avait tant amassé Qu'il ne savait où loger sa finance-.
L'avarice, compagne et sœur de l'ignorance, Le rendait^ fort embarrassé