LIVRE X. — FABLE VII
Malgré le bestion* happait mouches dans l'air, Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie, Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert. D'un ton demi-l'ormé, bégayante couvée.
Demandaient par des cris encor mal entendus.
La pauvre aragne * n'ayant plus Que la tête et les pieds, artisans superflus,
Se vit elle-même enlevée :
L'hirondelle, en passant, emporta toile, et tout,
Et l'animal pendant au b,out.
Jupin ' pour chaque état mit deux tables au monde :
L'adroit, le vigilant, et le fort sont assis A la première ; et les petits Manoent leur reste à la seconde.
Fable VIL ~ La perdrix et les coqs ^
Parmi de certains coqs, incivils, peu galants,
Toujours en noise % et turbulents,
Une perdrix était nourrie.
Son sexe, et l'hospitalité, De la part de ces coqs, peuple à l'amour porté, Lui faisaient espérer beaucoup d'honnêteté"^ : Ils feraient les honneurs de la ménagerie '. Ce peuple cependant, fort souvent en fux^ie, Pour la dame étrangère ayant peu de respect -, Lui donnait fort souvent d'horribles coups de bec.
D'abord elle en fut affligée ; Mais, sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-battre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola. « Ce sont leurs mœurs, dit-elle; Ne les accusons point, plaignons plutôt ces g-ens.
Jupiter sur un seul modèle
N'a pas formé tous les esprits :
Il est des naturels de coqs et de perdrix.