‹ Œuvres choisiesChapitre 388 sur 507 · UVRE X. — FABLE XIV · texte numérisé non relu

UVRE X. — FABLE XIV

S'en va chercher sa sûreté

Dans la souterraine cité :

Mais le danger s'oublie, et cette peur si grande S'évanouit bientôt ; je revois les lapins, Plus gais qu'auparavant, revenir sous mes mains.

Ne reconnaît-on pas en cela les humains?

Dispersés par quelque orage,

A peine ils touchent le port

Qu'ils vont hasarder * encor

Même vent, même naufrage ;

Vrais lapins, on les revoit

Sous les mains de la Fortune '.

Joignons à cet exemple une chose commune. Quand des chiens étrangers passent par quelque endroit Qui n'est pas de leur détroit %

Je laisse à penser quelle fête !

Les chiens du lieu, n'ayant en tête Qu'un intérêt de g-ueule, à cris, à coups de dents,

Vous accompagnent ces passants

Jusqu'aux confins du territoire.

Un intérêt de biens, de g-randeur, et de gloire. Aux gouverneurs d'États % à certains courtisans, A g-ens de tous métiers, en fait tout autant faire.

On nous voit tous, pour l'ordinaire.

Piller ^ le survenant, nous jeter sur sa peau. La coquette et l'auteur sont de ce caractère :

Malheur à l'écrivain nouveau !

Le moins de gens qu'on peut à l'entour du gâteau,

C'est le droit du jeu % c'est l'affaire. Cent exemples pourraient appuyer mon discours ;

^lais les ouvrages les plus courts

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