LIVRE XI. TABLE II 4l
Jetez-lui promptement sous la griffe un mouton :
S'il n'en est pas content *^ jetez-en davantage ;
Joignez-y quelque bœuf ; choisissez, pour ce don^ Tout le plus gras du pâturage.
Sauvez le reste ainsi. » Ce conseil ne plut pas. Il en prit mal ^ ; et force États Voisins du sultan en pâtirent:
Nul n'y gagna, tous y perdirent.
Quoi que fit ce monde ennemi, Celui qu'ils craignaient fut le maître.
Proposez-vous d'avoir le lion pour ami,
Si vous voulez le laisser craitre '.
Fable II. — Les dieux voulant instruire un fils de Jupiter*.
POUR MONSEIGNEUR LE DLG DU MAINB ^.
Jupiter eut un fils, qui, se sentant du lieu Dont ® il tirait son origine, Avait l'âme toute divine.
L'enfance n'aime rien ^ : celle du jeune dieu Faisait sa principale affaire Des doux soins d'aimer et de plaire.
• En lui l'amour et la raison
Devancèrent le temps, dont les ailes légères
N'amènent que trop tôt, hélas I chaque saison.,.
Jupiter cependant voulut le faire instruire.
Il assembla les dieux, et dit : « J'ai su conduire,
Seul et sans compagnon, jusqu'ici l'univers ; Mais il est des emplois divers Qu'aux nouveaux dieux je distribue.
Sur cet enfant chéri j'ai donc jeté la vue :