Trois jouvenceaux. « Trois
Setits jeunes gens >., comme on irait aujourd'hui.
Des soins ' dun avenir qui n'est pas fait pour vous? N'c songez désormais quà vos erreurs passées : Quittez le long espoir cl les vastes pensées ;
Tout cela ne convient qu'à nous.
— Il * ne convient j)as à vous-mêmes, Repartit le vieillard. Tout établissement' Vient lard et dure peu. La main des Parques blêmes De vos jours et des miens se joue éi;aleinent. Nos termes * sont pareils par leur courte durée. Qui de nous des clartés de la voûte azurée Doit jouir le dernier? Esl-il aucun moment Qui vous puisse assurer d'-un second seulement ? Mes arrière-neveux/ me devront cet ombrage :
Eh bien! défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui? Cela même est un fruit ^ que je goûte aujourd'hui : Jen puis jouir demain, et quelques jours encore;
Je puis enlin compter l'aurore
Plus d'une fois sur vos tombeaux. »
Le vieillard eut raison : l'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à ' i Amérique. L'autre, afin de monter aux grandes dignités, Dans les emplois de Mars servant la Piépublique % Par un coup imprévu vit ses jours emportés.
Le troisième tomba d'un arbre ,
Que lui-même il voulut enter ^ ; Et pleures du ^' vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.