‹ Œuvres choisiesChapitre 409 sur 507 · LIVRE XI. — FABLE IX · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — FABLE IX

Fable IX, — Les souris et le chat-huant *.

Il ne faut jamais dire aux gens :

« Écoutez un bon mot, oyez " une merveille. »

Savez-vous si les écoutants ^ En feront une estime à la vôtre pareille ? Voici pourtant un cas qui peut être excepté : Je le maintiens prodige, et tel que d\me fable Il a 1 air et les traits, encor que véritable.

On abattit un pin pour son antiquité, Vieux palais d'un hibou, triste et sombre retraite De l'oiseau qu'Atropos * prend pour son interprète. Dans son tronc caverneux, et miné par le temps,

Logeaien-t, entre autres habitants, Force souris sans pieds, toutes rondes de graisse. L'oiseau les nourrissait parmi des tas de blé. Et de son bec avait leur troupeau mutilé ". Cet oiseau raisonnait; il faut qu'on le confesse. En son temps, aux souris ® le compagnon chassa ; Les premières quïl prit du logis échappées ', Pour y remédier, le drôle estropia Tout ce qu'il prit ensuite; et leurs jambes coupées Firent* qu'il les mangeait à sa commo îité.

Aujourd'hui l'une, et demain l'autre.

Tout mangera la fois, l'impossibilité S'y trouvait, joint aussi le soin de sa santé. Sa prévoyance allait aussi loin que la nôtre :

Elle allait jusqu'à leur porter

Vivres et grains pour subsister.

Puis, qu'un c^irtésien ^ s'obstine A traiter ce hibou de montre et de machine!.

Page 1