‹ Œuvres choisiesChapitre 496 sur 507 · VI. — De annonçant l'infinilif · texte numérisé non relu

VI. — De annonçant l'infinilif

Le développement donné àde a eu pour résultat de faire de cette préposition une sorte de signe de l'infinitif. Aussi dan bien des cas n'a-t-elle d'autre fonction que de l'annoncer.

Signalons en particulier des tours comme les suivants :

« Grenouilles' de sauter,... Grenouilles de rentrer», II, 14; - < Et grenouilles de se plain-

LEXIQUE

dre », Ilf, 4 ; — « Et flatteurs f/"applaadir », VII, 1. — Il n'y a point là d'ellipse ; c'est une construction empruntée au latin, qui employait ainsi l'infinitif pur (infinitif de narration) ; et, dans ces tours, de n'a d'autre *"onction que d'amener 1 infinitif.

L'emploi de celte préposition s'était généralisé devant Tinfinitif; aussi trouve-t-on construit avec de nombre de verbes qui, aujourd'hui, veulent à, ou se passent de préposition : « Se plaire de, I, U ; Consentir de, II, 7 ; S'aventurer de, III, 4; — Espérer de. Vil, 8 ; — S'attendre de >, X, 2 ; etc.

Débris. — C'est le substantif verbal de l'anc. franc, débriser.

Son premier sens est donc :

action de briser^ V, 2, XI, 3, etc. (Cf. Bossuet : « Ce débris inévitable des choses humaines ».)

Déconfiture. — Ce mot avait le sens de destruction, de défaite. Dans la phrase : « Faisait des rats telle déconfiture », 11, 2, il semble employé sans aucune ironie.

Dedans est, avec dessous^ dessus, devers, un de ces mots à la fois prépositions et adverbes qui ne servent plus aujourd'hui que d'adverbes {W Grammaire, préposit. et adverbes).

Déduit, divertissement, plaisir, I\', 20.

Démon, VII. 6, etc., ne signifie pas l'esprit du mal, mais ce génie, soit bienfaisant, soit malfaisant qui.selon les anciens, présidait àladestinée de chaque homme.

Dessous, dessus, voir Dedans.

Détester, pris absolument :

proférer des malédictions, VI, 18. Cf. Florentin,p.iîl, v,99.

Devant se disait pour avant pris au sens temporel : « J'en

goûte devant toi », IV, 3 ; « devant l'aurore », VI, Il ; « Gros Jean comme devant », VII. 10.

De même on disait devant que pour avant que : « Devant qu'ils fussent éclos >, I. 8; \'I, 16 ; et devant que de. Vie d'Ésope, p. 71».

Devers, voir Dedans.

Devineuse, \11, 15. Nous dirions ici devineresse (femme qui fait profession de découvrir l'avenir par des moyens surnaturels). Au masculin en eur correspondait le féminin en resse : devineur, devineresse.

Au xV s., Vr finale s'étant amuïe dans les noms d'agents en eur,, la plupart se confondirent avec les mots en eux, et firent leur féminin en euse :

devineux, devineuse .

Devine (de devin) n'est plus usitJ-, Vlî, 15.

Die. — IV, 15, etc. C'est la forme primitive, et régulière, du subjonctif de dire ;lat. dicam I.

Diné, VIII, 7. C'est le part, passé employé substantiveiuent.

L'infinitif t dîner) a remplacé cette forme.

Disgrâce. — A côté du sens actuel perte des bonnes grâces, défaveur), ce mot en avait un autre plus fort : malheur, infortune, ni. 16; VI, 21, etc.

Dispenser. — Ce verbe pouvait s'employer sans autre détermination : « Que Sa Majesté nous dispense », VI, li ; VIII, 3, etc.

Dom. — A côté du dom ecclésiastique qui se donnait par honneur à certains religieux, en particulier aux Bénédictins, on en admit plus tard un autre, traduction de l'espagnol don, qui est un titre de noblesse :

c'est ce dom de noblesse qu'il faut voir dans « dont Coursier », V, 8,« dom Pourceau »,

LEXIQUE

S'Ill, 12. (Les deux doms viennent d'ailleurs, direclenient ou indireclemenl, du lai. doniinum.

Domaine. — Dans la phrase :

« Tous sont de son domninc », \1I1. 1, ce mot est pris dans le sens féodal de : droit de propriété (= tous les temps lui appartiennent).

Ducat. — Ancienne monnaie d'or, d'une valeur de dix à douze francs, 'piimilivement frappée par les ducs ou doges de \ enise . — Ducaton. Ducal d arirent d'une valeur deux fois moindre. L 20, etc.

Duire. — Plaire dat. ducere' : « Genre de mort qui ne dnit pas A gens ». etc., IX,

Ecornifleur (l"i Discours Sablière, p. 384. Vient d'écor- 7if/[er, dérivé plaisant d'écorner.

Élever Exalter : « Élève leurs combats », 1, 14 ; etc.

Êmoucher. — Chasser les mouches, et par extension, Paysan, p. 39, v, 95, frapper.

Emouvoir. — Ce verbe pouvait avoir pour régime un nom de chose ; il signifiait alors mettre en mouvement (Cf. Boileau, sat. 6' : « émouvoir un fardeau »>. — De là, s'émouvoir, en parlant d'une chose :

« S'émul. jadis un différend ».

VIfl. 19.

Empêcher, c'est, étymologiquement, entraver dat' impedicnre, mettre une entrave aux pieds). De là l'emploi absolu de ce mot pour embarrasser ou gêner. I, 12; H, 10, etc.

Emute. VII, 8 et X, 3. Mot formé d'après le parlicipp ému.

Voir \'ersilic:ilion. {Émeute vient de meute.)

Engeance. — Proprement, racd. Se prend en mauvaise part, !. 19. etc.

Engeigner. Dérivé de en-

gin, il signifie : prendre p.,r engin, {=^ par ruseï, IV, il.

Ennui. — Élégie de Vaux, p. l7, V. 16 (et passim), a le sens très fort de : violent chagrin. {Ennui vient de ennuyer, formé du l)as \\\\\n .inodinre, oh entie Ofin/m. haine, dégoût.) (3f. Racine : « Si d'une mère en pleurs vous plaignez les enrij/is».

Enseigne. — C'est, proprement, un signe distinctif, qui s'adresse soit à l'œil : « Ces enseignes étaient pareilles», 1,21, soit à l'oreille : « Pour enseigne » (mot de ralliement), IV,

Entier pouvait s'employer, après un verbe, sans être accompagné de tout, IV, 2. etc. — Cf. Corneille : « Je l'envisage entier » (le Cid).

Entour pouvait s'employer prépositivement : « A l'entour de ses flancs », II. 9, etc.

Entresuivi. VIII, 16 61(2») Discours à Sablière, p. 433, V. 48, signifie non pas précisément suivi, mais : qui se suit inégalement.

Environ. — Au singulier, ce mot ne s'emploie plus que comme adverbe. Il s'employait aussi, autrefois : 1° Comme préposition : « Environle temps », I\', 22 ; 2° comme substantif :

« On tremble à Te/n'iron», 11,9.

Épandre — Aujourd'hui, répandre 'un liquide) sur une étendue. Chez La Fontaine, il est pris souvent i^onr répandre, VIII. 19. etc.

Equipage désigne proprement tout ce qui garnit un esquif, un bateau. Delà, ce qui garnit une maison : « Ont soin de l'équipage », Vil, 6 ; ce qui garnit une personne (la toilette, l'appareil) : « Le trop superbe équipage. », IV, 6. I >(; là aussi le sens tout général d'état:

« en pileux équipage », IV, 4-

LEXIQUE

Esclandre, scandale, éclal bruyani el làcheux, 111,3 et X, SAi^sctandre est pour escandle, venu du lalin scurululum prononré comme s'il élail précédé d'un L : de là \'e proslhélique. )

Esprits. — Corps léycrs et sublils regardés par iJescartes comme le principe de la vie.

VIII, l. — Dans le vers : « Par les esprits sortant de son corps échauiïé », V, 17, il s'agit des émanations de ces corps.

Esquiver, employé absolument. IV, 6, VI, 2, etc. Voir Grammaire, forme du verbe.

Étonner, (lat. exlonare), frapper d'une commotion qui rappelle celle du tonnerre :

« Les trompes et les cors font un tel tintamarre Que le bonhomme est étonné », IV, 4, etc.

— Cf. Bossuet : « Oîi retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle ».

Êtrètes, III, 8, pour e7roifes.

V, Versilication.

Faire. — Ce verbe était très employé autrefois pour remplacer le verbe secondaire, quand il eût été le même que celui de la principale : « Jamais la danse la plus belle Ne cbarma tant son favori. Que fuit cette épouse nouvelle Sou hypdcondre de mari », II, 18, etc. — Cf. Corneille : « Et je te traiterai comme /"ai fait mon frère».

Fait, substantif. Entre autres sens, il faut retenir celui de :

manière d être propre à quelqu'un : « Leur fait n'est que Bonne mine », IV, 14, etc. — D'où, la part propre : « J'allais offrir mon fait à part -•>. IV, 12, etc. ; et enfin, le bien^ l'avoir: « C'est tout mon fait », Paifsan, p. 39, v. 86; etc.

Famille. — Comme le lat.

familia, ce mol pouvait signifier tous les gens de la maison :

« 11 déjeûne très bien; aussi fait sa famille », ici ses gens, comme il est dit plus haut, IV, 4 : cf. IV, 22, etc. - De là :

Père de famille, au sens de :

cbef de maison, IK, 3, (le vers suivant : « Et je ne V ai jamais envié cet honneur », pourrait donner à penser qu'il s'agit là d'une paternité véritable ; ce n'est, qu'une apparence : La Fontaine veut dire simplement qu'il n'envie pas l'honneur de diriger une maison.)

Fantôme. — Pouvait signifier autrefois non seulement « apparition >^,mais « vaine apparence »; c'est le cas dans le vers : « Le fantôme brillant attire une alouette », VI, 15 ; cf. VIL 12 et VI IL 26. — V.

Boss., Histoire de France (édit.

Galveti : « On décapita son /a niôme», c'est-à-dire un mannequin qui le représentait.

Fatal. — Imposé par le destin fatum): « Le fatal tribut », VIII, 1, (il s'agit de la mort, sorte de contribution que le destin impose à tous les hommes).

Feinte. — Pris au sens de « fiction poétique », III, 1 et VI, 1.

Fier. — Ce mot, venu du lat. ferum, sauvage, avait souvent le sens de farouche : « La Loire est donc une rivière...

Douce quand il lui plaiUquandil lui plait, si fière, oie, Lettres du Limousin, p. 31. — Cf.

Fables : c Ce choix la rendit si ftèi^e. etc. », VIII, 20; etc.

Figue. — « Paire la figue à quelqu'un », c'est, par moquerie, lui mont-rer le bout du pouce entre l'index et le doigt du milieu, II, 5.

Figure. — La forme visible d'un corps : « Ayant à ^peine figure d'homme », Vie d'Ésope, p. 76; Cf. XII, 1. -« En figure

LEXIQUE

aux nôtres pareilles », VI, 5, (c'esl-à-dire de même forme).

— « J'aperçois le soleil : quelle en est la fifjyre'l )».^'I1,1S, etc.

Financé. — «Ce mol signifie argent niounayé, et en ce sens il est un peu burlesque >^ (Richelel, DictioJinaire français, 16S0),M. 6, etc.

Flatter. — Du sens de caresser est venu celui de charmer par une illusion : « Suivez jusques au bout une ombre qui vous flaile », A'II, 12. — De là : « flatteuse erreur », VII, 10 et « se flatter». VIT,!, etc.

Flouet. — C'est ainsi que La Fontaine écrit fluet, 111, 17. C'était la l'orme encore en usage ; elle s'explique par l'étymologie du mot (flou).

Foin. — Interjection qui exprime le mépris, l'aversion :

« Foin du loup », IV, 15.

Fort, substantif. Le fourré qui sert de retraite aux bêtes sauvages, III, 3.

Fourbe, substantif, III. 6 et V, 21. Fourberie. (Fourberie était récent encore du temps de La Fontaine.)

Fourche - fière, IV, 16.

Fourche de fer à dents longues et fines. (Fière paraît venir du lat. ferrea, de fer.)

Fourmi. — La Fontaine, II, 12, l'écrit fourmis avec une s, pour la rime ou ])Our éviter l'hiatus ,- c'est la graphie ancienne et étymologique le lat.

formiceni avait donné formiz, devenu fourmis i.

Fourvoyer (se). — S égarer, I, 5 et Vill, 20. (Celle forme est pour forvoyer, de fors, dehors, et de t'oie. )

Frairie. — L'ancien mot frarie, dérivé de frère, signifiait : conlrérie, et, pav extension, réunion joyeuse, fête, (on appelle encore en quelques lieux « frairie j» une assemblée, une

fête de" village) : « Un loup donc étant de frairie», III, 9,

c'est-à-dire étant de fêle.

Friand. — Venu de frire, ce mot est pour /"n'anf, adjectifparticipe, dont le sens est « qui grille » (d'impatience). Friand signifie donc proprement : alléché par un bon morceau :

« Notre archer, friand de tels morceaux ». VIII, 27. — Par extension, il se dit de ce qui allèche : « La viande... qu'il croyait friande, I, 18. »

Fuir. — L'expression : «Vous que rien ne doit fuir », III, I, signifie : Vous à qui rien ne doitéchapper.G'est un latinisme (te nihil fugit).

Gage (à). — La Fontaine écrit cette locution sans .s dans \e Florentin et dans Phébus et Borée. Dans le Florentin, le mot a m.anifestement le sens où l'usage moderne exige le pluriel : des spadassins à gage, p. 443, V 144, ce sont, bien entendu, des spadassins salariés, et, sauf le besoin de la rime,(^ui est outrage, nousécririons à gages. — Mais, dans l'autre exemple : « Notre souffleur à gage », VI, 3, ce singulier, s'il s'explique par la rime (passage, se justifie en soi parfaitement ; car il s'agit là, non dun souffleur gagé, mais d'un souffleur qui a gagé, c'est-à-dire qui a parié. Il nous paraît donc fautif d'expliquer ce mot, comme on le fait généralement : soufflant comme s'il était payé pour cela. C'est mettre au compte de La Fontaine, en même temps qu'une licence, (il est vrai, vénielle), une subtilité et une obscurité qui le seraient moins.

Gaillard. — Se dit d'un homme dispos et plein d'entrain. Tantôt, c'est l'idée de jovialité qui domine : « Le gail-

LEXIQUE

lard savetier», VIII, 2 ; tantôt, celle de vivacité : « Nos gaillards p»"'!ei-ins », II, id,

Galand. — La Fontaine écrit ce mol : (jaland avec un d) ; pour ne pas dérouter le lecteur, nous adoptons la graphie moderne (sauf, pour la rime, I,li).

Celle de La Fontaine explique le féminin galande, l\ . 11 :

« Dé.jàdans sonesprilla^ra/ande le croque ». — Ce mot vient de l'anc. franc, galer, être vif, joyeux, s'amuser. 11 a donc à peu près le sens de gaillard, avec la nuance, soit de gracieux : « Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, ne saurait passer pour galant, », I\', 5 ; soit d'homme de bonne compagnie, d honnête homme (au sens du xvn's.): « Mécenas fut un galant homme », 1,15; soit, enfin, d'homme empressé auprès des femmes : « Miroirs aux poches des galands », 1, 11.

N. B. — Parfois galant est le simple équivalent de : rusé, finaud, 1, 14.

Garder. — Devant un autre verbe, il s'employait soit. comme aujourd'hui, pronominalement :

« Gardez-vous bien d'aller », VIII, 6, elc. ; soit sans pronom : « Gardez bien de le dire », ibid. — V. Grammaire, forme du verbe, ^

Géniture. — Progéniture, IV, 1(3. etc.

Gent. — C'est le singulier de gens; (lat. gentem). Il signifiait nation. La Fontaine l'emploie, familièrement, au sens de race : « Le sang de cette gent », X, 5. Sa verve s'amuse à accoler à ce vieux mot de plaisants adjectifs : « la gent marécageuse, ;les grenouilles), III, 4, aiglonne, marcassine, III, 6, Ir'olte-menu (les souris ■, III, 18, chienne», VIII. 24; etc.

Le sens premier, nation, se

retrouve dan.s : « Le droit des gens » (lat, gentes), IV. 11. qui est celui qui règle les rnpports des hommes, d'^^lat à État.

Gloser. — Expliquer par une glose, c'est-à-dire par un commentaire. Par extension, critiquer, !, 7, etc.

Gorge. — (Fauconnerie). Ce qui entre dans la gorge de l'oiseau ; d'où gorge chaude, la chair encorechaude qu'on donne au faucon : « Elle en fera gorge chaude », IV, il, elle s'en régalera.

Grain. — Ce mot exprime une très petite quantité et peut être employé, à ce titre, pour renforcer la négation (comme goutte, etc.) : « Ce cierge ne savait grain de philosophie », IX, 12, — Il faut se rappeler, de plus, que le grain était une mesure de poids très petite (environ 0 gr. 05) : c'est le sens qu'il a dans plusieurs passages :

« Quatre grains d'ellébore », VI, 10; — « Nous ne nous prisons pas,.. D'un grain moins que les éléphants », VIII, 15.

Gré. — Substantif venu du lat. gratum, chose agréable.

Outre le sens ordinaire d'a^rément : « Prenez en gre », VIII, 4, ce mot en avait un autre, la satisfaction, ]â reconnaissance qu'on témoigne à quelqu'un :

« Le gré de sa louange », I.

14 ( la récompense) ; — « Peu de gré ». X, 1,

Grègues. — Culotte à pont :

« Tirer ses grègues », II, 15.

c'est relever sa culotte (pour mieux courir).

Gripper. — Saisir violemment, comme avec des griffes, (les mots gripper et griffer semblent avoir la même origine), V, 6.

Grison. — Qui tire sur le gris, I, 17. D'où familièrement, Fane, 11, 10, etc.

Ll.XIQLii

Gruger. — i")évoi*er quelque ihj>v de dur. <• Gruger une huilre » u'esL donc pas le mol propre. IX, 9. — Dans : ^ On nous gruge ». I, 2L le mol est piis au sens ligure ion nons Cloque).

Guet. — Action de (jueiter :

« On avait mis des gens au guet », iV, lO. — Par extension, ceux qui l'ont le guet; d'où : « mot du guet », l\\ 15, mol de ])asse donné à ceux qui étaient du guet.

Guide. — Féminin en ancien français, le mot pouvait encore, au xvii" siècle, recevoir les deux genres. L;i Fontaine l'emploie volontiers au léminin : « La guide nouvelle ;>, VII, 17. — (Cr.dans le Quinquina: «Toujours le médecin s'attache au battement : c'est .sa guide»).

Guise. — Manière d'être, d'agir, V, 19, X, 2 ; — « A sa guise >\ 1, 17, à sa mode. — « De guise que », X, 13, de manière que.

Happer. — Saisir brusquement avec la mâchoire, \', 8, etc. — Par extension, se saisir de : « On vous happe notre homme », Xll, 16.

Haro — Exclamation pour appeler à l'aide, ou pour protester. Paysan, j). 37, v. 40. —En Normandie, la clameur de haro rendait obligatoire la comparution immédiate en justice de celui contre qui on criait ; c'est une allusion à cet usage qu'il faut voir dans:« On cria haro sur le baudet », VII. 1.

Hasarder. — Pouvait se dire du p»^ril ai^qiiel on s'expose :

« Qu'ils vont hasarder encor Même vent, même naufrage », X, 14 affronter).

Haut. — « Gagnera» haut », 11, 15, équivaut à gagner le large, se mettre en sùrelé.

Heure. — Tout a l'heure se disait pour à l'instant uicme :

«( liepril son époux tout à Vlifurc». Ml, 2 ; etc.

Hommage. — Dans la langue ;codale, l'acte du vassal se déclarant Vhomnie de son seigneur, IV, 12, elc. l\ir extension, acte de soumission et de respect. VIII, 3.

Honnête. — Conforme soit à la probité, soit aux convenances : « Le régal fui fort honnête », I, 9 ; « gains lionne tes », VI II, 2 (convenables); — « Plus honnêtes que loi », VIll, 12 (qui ont plus de savoirvivre). — D'où Honnêteté, civilité, courtoisie, X, 7.

Horoscope — Observation des astres à l'heure de la naissance, d'après laquelle les astrologues prédisaient la destinée, II, 13 ; .cf. VIII, 16, la fable de ce nom).

Hydre. — La F'ontaine l'emploie; au masculin, XI, 2. Il accole souvent à ce mot l'épi- Ihète renaissant. Ou sait que, daiis la Fable, rilydre do Lerne était un serpent à sept têtes et à qui il en renaissait plusieurs pour une seule coupée. II y a là, par conséquent, une métonymie {\e tout est pris pour la partie).

Hypocondre.— Dans : « Son hypuco)idre de mari », II, 18, ce mol a le sens non de triste, mais d'extravagant. {iiuv de, V.

Lex )

Idole. — Des deux genres au xvu"= s . , il est masculin, I \', 8, et féminin, (2") Disc, à .Sa blière, p. 433, v. 27.— Dans V.

14 : « Lie n'est pas vous, c'est L'idole A qui cet honneur se rend », La Fontaine appliq-ue ce mot par inadvertance aux reliques des saints ; il a, sans doute dans l'esprit Tàne d'Ésope

LEXIQUE

qui, lui, porte réellement une idole.

Imposer. — Préface, p. "5 et Fables, IV, 14. — Tromper.

Nous dirions ici en impo.er ; mais Tus-pge ne faisait pas alors cette distinction assez subtile.

(Ci". Bossuet: « Ce irisle spectacle des vanités humaines nous imnosnit ».)

Incessamment. — D'une manière incessante (c'est le sens primilii., III. 6, etc. —Aujourd'hui il ne vent dire que : sans délai, tout de suite.

Influence. - Vlll, i6.

« Aclion par laquelle s'écoule des astres un fluide qui est supposé agir sur la d»,\-!inée des hommes. » (Hatzleld.» — Dans V Astrologue, H, i:î, le mot a le sens moderne, d'action exer cée réellement.

Inquiet — Incapable de rester tranquille, N'IIi. Ifî; etc. — Inquiétude, état de celui qui ne peut rester en repos. \), ",,

Ja. — (Du lat. jam). Autrefois, déjà. Mais dans le passage : « Ja ne plaise à \'otre Seigneurie », IX, 10, il signitie certes.

Jupin. — Surnom de Jupiter qui nous paraît familier et même burlesque (I. 7) ; mais autrefois il ne faisait pas forcément cet effet : llo'rou, dans une tragédie, l'emploie, bien entendu, sans aucune intention malicieuse ; et il est pris très sérieusement aussi par La Fontaine, dans ce passage de Philémon et Baucis : « De ce bourg, dit Jupin. je veu.x punir les faiîtes f>. p. 493, v. '.'6.

Jusque-là que! — A ce point que. tellement que, (I'"'i Discours à Sablière, p. 378.

Lacs. — Cordon disposé de manière à former un nœud coulant où se prend le gibier, I.

6, etc. — Bien que co mot se

prononce Ih. La Fontaine, pour l'œil, l'a écrit las, IX, 2.

Lambris. — Ornementation ou revêtement plus ou moins précieux qui garnit soit les murs. Baucis, p. 494, v. 118.

soit le plafond, lll, 8 et XI, 4.

Lécher [l'ourà). — I, 2l :

Traîner un procès en longueur.

Rabelais avait comparé un procès qui commence à un ours naissant que sa mère, à force de le lécher, « mect en perfection des membres » ; de même, ajoutait Rabelais, Tinnombrabie tribu des gens de justice, en s'acharnant sur les procès, les rendent « membruz et formez » (Pantagruel, 111, 42.)

Leurre • I Fauconnerie). — Morceau de cuir façonné en forme d'oiseau qu'on montrait au faucon pour le faire revenir.

Au figuré, artifice, II, 16. D'où leurrer, v. 11.

Liesse.— VI. 12. Joie. (Du lat. lœtitia.i Lie, III, 17.

Joyeuse 'du lat. lœta).

Lige Féodalité'. — Qui est tenu a un dévouement absolu envers son seigneur. Au figuré :

« Lige de son seul appétit», IV, 12, esclave de son seul appétit.

Lignage. — Dérivé de ligne.

L'ensemble de ceux dont on descend. X, 2. — Lignée a la même origine, mais signitie, au contraire, l'ensemble des descendants, III. 8 et VIII, 16.

Lors. — Composé de l'article /' et de l'adverbe or dat.

hora) suivi de Vs adverbiale :

«A ce moment-là», III, 17, etc.

Los. — Du lat. /aus. Louange.

Xli. 1 et Baucis. p. 496, v. 169.

(Los se prononce lô .

Loyer. — (Lat. looarium, prix du gite). Récompense d'un service, VI, 1.3 et X, 1.

Maflu (aujourd'hui, mafflu

LEXIQUE

OU ma f fié). — Qui a des joues rebondies, III. 17.

Mais. — Plus (lat. magis) :

« Bat l'air qui n'e/i peH< mais », II, '.' ; — « Maint toit qui n'en peut mais », \'I, 3 (^qui n'y peut i-ien).

Maitre (passé). — III, 5 et \'I, 19. — Dans les corporations, de compaç/non on passait maître, après avoir exécuté ce qu'on appelait le chef-d œuvre.

Maline. — \'I, 15. Le mol est écrit, pour la rime, comme on le prononçait an xvir s.

Versificalion.

Manant. — De l'ancien verbe manoir (lat. manere). demeu • rer. S'est dit d'abord des habitants d'une ville, d'un bourg ; puis a été réservé au paysan, I. 8. etc.

Manquer. — S'est employé absolument, au sens de : comlueltre une faute, 1, 14 et 11, 3.

Marri. — De l'ancien verbe marrir, désoler. Dans le passage de la Laitière, V'II, 10. la rime de marri et mari est un jeu de mots qui rappelle celui de Molière : « Oui, son mari, vou.s dis-je, et mari très marri » iSganarelle).

Mâtin. — Chien domestique de lorle taille. (Du lat. popul.

m.ansuetinum, s. entendu cane/», chien apprivoisé 1,1, 5, etc.

Matois. — Artificieux. Lettres du Limousin, p. 27, et Fables, II, 15, etc. (Le mot est dérivé de mate, qui, en argot, signifiait le lieu de rendez-vous des filous de Paris.)

Mélancolique — Au sens actuel (qui a une tristesse vague), on le trouve dans l'Hymne à la Volupté, p. 265.

Dans : « Le mélancolique animal », II, 14, le mot a un TBus plus voisin de la signification première : qui a l'humeur

noire, qui se fait de la bile.

Ménage. — Conduite d'une maison. D'oih (en bonne part), économie, VIIJ, 18 ; et (en mauvaise part*, désordre, 11,8.

Ménagerie.— Du sens premier, « administration domestique », en est venu un autre :

tout ce qui sert à l'administration, à l'exploitation d'une Terme ; par exemple, la bassecour, m, 12 et X, 7.

Merci. — A d'abord signifié faveur, puis bon vouloir; et spécialement Tacte de bon vouloir par lequel on épargne quelqu'un. De là, la locution exclamative: « Merci de moi ! »

IV, 16, qui équivaut à Grâce pour moi !

Messer. — Emprunté à l'ital.

messer, qui correspond au français messire, II, 19. etc.

Messire. — Est étymologi- ({uement le cas sujet de monsieur. Après avoir été un titre ■1 eg-^rancls seigneurs, ce nom fut donneTTle niojjTfrrpq perprmnages : « A?essireJean Ghouart », Vil, 11; etc.

Modeste. — Modéré liai, modestns, de /ïiodizs-, mesure) :

« Tout modeste chasseur ».

VHI, 27, etc.

Nenni,I,3.Nonpas. — Nenni est composé de nen, forme affaiblie de non^ et de il (cf.

oui pour ouil).

Nitée. — Nichée, IV, 22.

« Dérivé irrégulier de nid, d'après litée » (Hatzfeldi.

Nonobstant. — Composé de l'adverbe nonet de l'ancien participe ojbs^ani (lat. o/jsLin.ç), empr3chant;«/Vo;j,o/)s/a/i< cet asile», II, 8, malgré cet asile (au sens propre : cet asile n'empêchant pas...). L'adverbe est donc comme le témoin d'une ancienne construction participiale absolue ; cf. Grammaire, participe.

LEXIQUE

Objet. — Proprement, ce qui est mis devant les yeux (lat.

objeclum\ ce qui s'otïVe aureg-aid : « C'est un admirable oi)7e<quece Richelieu», Voyaçje Limousin, p. 32; cf. Fables, IH, 1 :« Cet nhjel leur déplut», et VI, 9 : ^< Dont il voyait Vohjet ( l'image ) se perdre dans les eaux. » — De ce sens est venu celui de -.personne aimée, \ll, •13, etc.

Obole. - L'obole de France valait la moitié d'un denier (soit la 2[' partie du sou). II, 12, etc. — L"obole i^recque dont il est question dans la Vie d' sope, p. 78, valait 16 de la draclime ou 0 i"r. 15.

Œuvre. — Ce nom était féminin, comme la plupart de ceux qui viennent d'un pluriel neutre latin (opéra). Les savants du xvi" siècle voulurent le faire masculin ; il n'a gardé ce genre que dans quelques expressions : « Sans cela toute fable est un œuvre imparfait», XII, 2.

Ongle. - Féminin en ancien français, comme venu d'un nom féminin [ungula). Le xvi^ siècle le rapporta par erreur au latin unguis, elle fit masculin.

La Fontaine lient pour l'ancien genre : « Son ongle maline »,

VI, l5 Dans cet exemple, et

VII, 13 : « Périt sous ïongle du vautour », ongle est pour griffe, conformément au langage de la fauconnerie.

Or. —Maintenant (lat. popul.

horn'i : « Or buvez donc », Pai/san. p. 38,v. 45; — Fables, Ilf, 5. etc. - Dans VIII, 2:

« Or ça » équivaut à: Eh! bien.

Ost. — Armée (lat. hostem), XI 0 et XIl, 6.

Oiïr. — Entendre (lat. audire). Passé simple, y ouïs, XI, 5. Impératif, oyez, XI, 9. La Fontaine emploie, VII, 12, l'in-

linitii prépositionnel : * Par ouïr dire» (nous ne disons plus que : par ouï dire); v. Grammaire, infinitif.

Ourdir. — Tendre les fils de la chaîne pour le lissage, III, 8 et XI, i.Au figuré, commencer à nouer (une intrigue, un complot!, III, 6.

Oût. — C'est ainsi que La Fontaine écrit le^ mot août, d'après la prononciation. 11 le prend, comme on Ta fait souvent, au sens de moisson, I, 1 et V, 9.

Paillard. — Proprement, celui qui couche sur la paille :

« Deux ïoris paillards » (valets d'étable'. Paysan, p. 3S, v. 68; dans F.iJb/e.s. VI, 8, c'est le sens de : pauvre diable.

Pair. — Égal : « Au mérite sans pair », XII, 4; — « Vivra de pair à compagnon », IV, 5, vivra avec « Monsieur » comme s'il était son égal.

Panader (se). — Vient, d'après Hatzfeld, de l'ancien français panade, qui signifiait voltige. Il Y a longtemps, en tout cas. qu on croit qu'il vient de paon, et qu'on le prend pour synonyme de : se pavaner.

C'est le sens qu'il a, II, 17 et IV, 9.

Panneau. — Nappe ou filet tendu pour prendre le gibier.

De là, au figuré : « Et ne me tends plus de panneau », 1V^ 19 ; — « Donna dans ce panneau », V, 20, etc. ; — (dans ces expressions, il s'agit d'un piège quelconque).

Papelard, IV, 15, hypocrite doucereux. — (De lard et de paper, manger.)

Par. — Cette préposition exprime : i° ce qui sert de passage ; 2» ce qui sert à produire un effet. Nous allons répartir sous ces denx titres

LtXlQUE

quelques locutions employées par La Fontaine.

l.— Ce qui sert de passage:

« De par le monde ». 1\', U>,à travers le monde,: sur Texpression de par. v. plus bas ); — « Courait par toute sa demeure », V, 6 ; — « Par chaque mois », \'I, 2 ; — « Par deux lois vingt étés »,BniK/s,p. 491, V. 22 (là nous dirions /.e/idanf, ou même nous supprimerions la préposition, t

II. — Ce qui sert à produire un effet : « DoublemenI sot..., Par le jeune âge et par le privilège », etc., IX, •:> ; cet emploi de par !à cause de, en raison dei, était fréquent autreiois. Cf. Bossuet : « Son autorité, révérée autant par le mérite de sa personne que par la majesté de son sceptre ». — Dans.I, 3 : « Essayons toule- . fois si par quelque manière Nous en viendrons à bout », III, 1. par aujourd'hui serait remplacé par de ; mais /jar ici exprime au moins aussi bien que de le moyen. — Dans les expressions : « Par trop approfondir », m, 17 ; « par ouïr dire», \'II, 12 (voir Grammaire, injinilif prépositionnel), par exprime encore la cause.

N.-B. — Diverses locutions ont été formées avec de et par.

Nous en avons déjà rencontré une, qui se rattache à l'idée de passage : « De par le monde », iV, lu. — D'autres, plus nombreuses, expriment l'autre rapport ice qui sert à produire un effet) : « De par le roi des animaux », Vf, 14; — * De par tous les chats », XII, 2 ; — « Croix de par Dieu », VI 1,15.

Le sens de ces locutions est :

au nom de. (Il faut se rappeler que par se combine souvent avec des prépositions ou ^es adverbes : « Par-devant t,

VIII, 21 ; — « Par trop grosse », Paysa:;^ p. SS, v, 53.

Parbi'eu. III. l. Pour parbleu, qui est lui-même pour par dieu .

Parentage. — Liefi de parenté, t\', i. Au /îcru ré, rapport, affinité, X, 2.

Parmi. — Au milieu de.

(Composé de par et de mi, milieu.) On comprend dès lors que ce mot ait pu s'employer régulièrement en parlant d'une seule chose : « Parmi l'antiquité », IV, 12; « Parmi la plaine x, XI, 1. — On l'employait aussi adverbialement :

« Mais ,)e voudrais parnu' Qiiel- , que doux et discret ami », VIII, 10.

Partant. — Par suite, Vie d'Ésope, p. 85 ; — Fables, 1, 1". , etc. — Composé de par et de tant (cf. pourtant).

Partie — L'adversaire dans une guerre, dans un procès, l, 21, II, 3, etc.

Pécore.— Bête (lat. pecora); I, 3 et IX, 1.

Pèlerin. — Venu du latin peregrinuni, voyageur, ce mot a ce simple sens, 11, 10, IX, 9 ; de même, X, 2 et Baucis, p. 491, v. 33.

Au contraire, quelques vers plus loin dans Baucis (v. 126 et 138), ce mot a le sens actuel:

celui qui fait par dévotion un voyage à un lieu consacré.

Penser. — Ce verbe s'em-

f (lovait comme un semi-auMiaire au sens de : être sur le point: « Il en pensa perdre la vie *, III, 9; « lui pensa devoir son salut », IV, 7 ; « pensa se noyer », VI, 17; etc. (Cf. Sévigné : « Leur liùtel... a pensé brûler »). — Penser est souvent pris substantivement au sens de pensée : « Mais quittons ces pensers », p. 18, v.

LEXIQUE

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