‹ Œuvres choisiesChapitre 73 sur 507 · LIVRE PREMIER. FABLE XII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. FABLE XII

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On voit bien où je veux venir.

Je parle à tous; et celte erreur extrême Est un mal que chacun se plaît d'entretenir. Notre âme, c'est cet homme amoureux de lui-même ; Tant de miroirs, ce sont les sottises d'autrui, Miroirs, de nos défauts les peintres lég-itimes*; Et quant au canal, c'est celui Que chacun sait, le livre des Maximes.

Fable XII. — Le dragon à plusieurs têtes et le dragon à plusieurs queues.

Un envoyé du Grand Seiijneur Préférait, dit l'histoire", un jour chez l'Empereur, Les forces de son maître à celles de l'Empire. Un Allemand se mit à dire :

« Notre prince a des dépendants ' Q.ui, de leur chef *, sont si puissants Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée. » Le chiaoux. homme de sens, Lui dit : « Je sais par renommée Ce que chaque Électeur peut de monde fournir ;

Et cela me fait souvenir D'une aventure étrang-e, et qui pourtant est vraie. J'étais en un lieu sûr, lorsque je vis passer Les cent têtes d'une hydre ^ au travers d'une haie. Mon sang- commence à se glacer :

Et je crois qu'à moins on s'effraie.

Je n'en eus toutefois que la peur sans le mal : Jamais le corps de l'animal

\. ComQie cet homme infatué de lui-même, notre âme n'aime pas à se voir telle qu'elle est. Elle pourrait se reconnaître dans lessolti'^es d'autrui, elle s'y refuse : elle ne se recùnnait pas 'davantage dans le livre des Maximes ; mais celui-ci est si beau qu'en dépit d'ellemême, ellea peme à s'en détacher.

C'est là un compliment ing-énieux plutôt qu'une fable.

2. Cette « histoire « (ou plutôt cette conversation, car il n'y a pas d'action) est un- conte oriental. —

Le Grand Seigneur est le S'iitan ; l'envoyé, appi^Ié plus loin « chiaou.x » (en turc tcliaouch, officier de cour) est le représentant de la Turquie auprès de l'Empereur.

3. Di'S dépendants. Des subordonnés. Il saffit, comme on va le voir, des.neut princes allemands appelés Électeurs, parce qu'ils élisaient l'Empereur.

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