LE RETOUR
— Bonnes gens, d'où revenez-vous ?
Pourquoi cette civière ?
— D'où nous venons, l'on y va tous l Soldat! du cimetière.
LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS
Une vieille, sur son grabat,
Est morte solitaire, Et veuve et mère de soldat :
Nous l'avons mise en terre.
— C'est ma mère! je suis son fils!
Sur nioi le malheur tombe ! Eh ! retournons, ô mes amis !
Retournons à sa tombe.
Je veux la voir, eh ! mes amis !
Je veux revoir ma mère, Et l'embrasser, je suis son fils.
L'embrasser dans sa bière.
Toi qui sans larme et sans firayeur
T'en vas avec ta pelle, O fossoyeur, bon fossoyeur.
Reviens ! un mort appelle. —
La noire fosse, en un moment.
Rouvre son noir abîme ;
La noire bière, lentement, Gagne la verte cime.
Il souleva le blanc linceul.
Puis la coiffe abaissée;
LA MÈRE DU SOLDAT
Et s'écriant: Me voilà seul!
Il la tint embrassée.
La mère se mit à trembler,
Remua la paupière....
Dieu venait de la rappeler
De son sommeil de pierre.
Car elle n'avait que dormi, Mais si fort, que son âme
Déjà s'essayait à demi Sur ses ailes de flamme.
Déjoignant les mains, elle dit:
C'est mon fils qui m'appelle.
Pourrai-je sortir de mon lit?
Rallumer la chandelle ?
Il l'emporta sur le gazon.
— Mère, qu'on se dépêche De regagner notre maison.
Car la nuit sera fraîche!
— Pourquoi restons-nous, mon ami, Si tard loin du village?
— Ma mère, vous avez dormi Là-bas sous cet ombrage.
LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS
Mon fils, pourquoi ce long trajet De prairie en prairie ?
^ Pour vous cueillir un beau bouquet^ Car vous êtes guérie.
Mon enfant pourquoi passons-nous Le long du cimetière?
Ma mère ! tranquillisez- vous, Faites votre prière.
ou s'en vont les jeunes filles 281
ou S'KN VONT L£S JEUNXS TILLXS
Gantando lor lai, Dante.