ENVOI
Entrez; tout va bien par chez vous?
Si la chèvre, pour sa cuisine, Est à rôder devers vos choux ; Si la pie aux sottes harangues Bavarde aussi sur vos talons.
Laissons-les allonger leurs langues....
Que nos cœurs seuls aient les bras longs !
Souvenir des Plans et de Cergniemin, Gryon, fin août 1869.
MONTAGNE
A MES AMIS M. DGT M^^ MELLEY
(Inédit.)
Sur le penchant des monts, au penchant de la vie,
Lorsque l'on vient s'asseoir, La pente est comme double et doublement gravie : L'ombre du passé monte avec l'ombre du soir.
Leurs deux flots, l'un qui fuit, l'autre présent encore,
S'y rejoignent vers nous.
Sous le dernier rayon du jour qui s'évapore, S'asseoir sur la montagne est ainsi triste et doux.
— Doux de voir, souriant dans l'ombre qui les gagne
Seulement à moitié De voir venir à soi, sur la même montagne. Vieux, de jeunes amis, mais de vieille amitié.
Janvier 1872.
LA DÊGKONDÉE
(Inédit.)
A nos chalets de Cergniemin
Où le chemin Gagne plus haut les hauts alpages.
Le père dit : — « Moi, je suis las,
Je reste en bas ; Mais vous, allez, et soyez sages. »
LA DÉGRONDÉE
Le laissant donc, de nos chalets
A Solalex Nous ne fîmes qu'une enjambée, Et revenions comme le vent,
Pour être avant, Tout juste avant la nuit tombée.
Je dis alors à ces deux sœurs.
Sur les hauteurs Pour un moment mes deux compagnes « Votre père va me gronder,
Va demander Pourquoi si tard dans les montagnes?
S'il gronde, qui dégrondera,
Consolera Votre vieux guide, trop sensible ?
Car je veux bien être puni.
Même honni, Mais pas pour rien, c'est trop pénible.
Hélas ! le père, en aucun point.
Ne gronda point; Je m'accusai... nulle colère.
Le traître ne comprenait pas,
Dans nos débats.
Que je plaidais pour mon salaire.
MONTAGNE
Elles riaient de tout leur cœur,
Leur air moqueur Répondant seul à mon idée ; Mais quand leurs yeux eurent bien
Et bien souri, J'eus cependant ma dégrondée.
DÉPAKT
(A B... — Inédit.)
Ses blonds cheveux sur son épaule Et sur son cou ses blonds cheveux Jouaient si gentiment leur rôle, Leur gentil rôle d'amoureux, Ses blonds cheveux.
Son pas léger, pas de chevrette Qui suit la trace du berger.
Sur l'herbe ou la pierre indiscrète Courait si bien sans y songer, Son pas léger.
Et cependant sa tête nue, Sans nul souci, nul soin prudent.
Par le brouillard et sous la nue Bravait l'ondée en s'y perdant.
Et cependant,