‹ Œuvres choisies;Chapitre 33 sur 194 · DANS LE SILLON AVEC MON PERE · texte numérisé non relu

DANS LE SILLON AVEC MON PERE

Et, reprenant sans point de faute, A l'autre bout nous retournons.

Sentier béni ! route prospère !

Point d'abîme, de vague effroi !

Mon plus beau voyage, ô mon père, Dans le sillon quand je marche avec toi !

— Mon enfant, je pense au Qui- vive De la sentinelle du port

Où chacun, pour gagner la rive, Boit l'onde amère de la mort.

Ton voyage à peine commence.

Ton jour se lève ; mais, pour moi, Je pense à l'ombre qui s'avance Sur mon sillon, où je marche avec toi.

— A ce beau jour qui dit : Espère !

A ce soleil brillant et doux Souris pourtant, souris, mon père.

Comme le ciel penché sur nous.

Dans nos cœurs et de monde en monde Dieu sème la vie et la foi.

Crois-en ce bonheur qui m'inonde.

Dans le sillon quand je marche avec toi.

Eysins, i

Ainsi disais-je ; et puis vint Tâge ; Et dès lors le soir a bruni

98 LA FAMILLE

Mon sillon, pauvre labourage !

Celui de mon père est fini.

Mais aux champs d'éternelle aurore, O mon père, je te revoi, Et là je me retrouve encore Dans un sillon où je marche avec toi.

Paris, 1854.

CHANSONS B'ENrANTS

Que j'aime le sourire De l'enfance aux yeux bleus, Flot limpide où se mire Un ange aux blonds cheveux!

Lorsque l'ombre est venue Sur notre cœur troublé, Riez, enfants ! et sous la nue Le soleil a brillé.

Tendres espiègleries.

Regards vifs et touchés, Fines coquetteries Et petits airs penchés: C'est l'âme toute nue Dans un rayon perlé.

Riez, enfants ! et sous la nue Le soleil a brillé.

CHANSONS d'enfants

Aimez, enfants! la vie; ' Savourez ce beau ciel; Aimez ! et sans envie Butinez votre miel !

La fleur, à votre vue.

Rit dans son nid mouillé.

Riez, enfants ! et sous la nue Le soleil a brillé

coauiNs d'enfants

Air : Mon vieil habit, etc.

Coquins d'enfants qui nous faites la guerre

Depuis le matin jusqu'au soir.

Si l'on vous aime, on ne vous aime guère.

Mais vous allez, vous allez voir!

Çà, qu'on m'écoute ! je sermonne

Et je tiens mes deux poings fermés.

Mais bon ! jamais écoutent-ils personne ? Coquins d'enfants... chers petits bien-aimés !

C'est un tapage à ne pouvoir plus dire

Qui de vous sait le mieux crier.

L'un pour tambour a pris la poêle à frire,

Et l'autre souffle au cendrier.

Heureux encor si, du grimoire

Amateurs déjà consommés.

Vos doigts n'ont pas sondé mon écritoire, Coquins d'enfants... chers petits bien-aimés !

LA FAMILLE

Quand vous chantez, autant vaudrait, je pense,

Entendre une forêt d'oiseaux.

Plus bas, plus bas, plus bas encor... Silence !

Alouettes et passereaux !

Allons ! et que nul ne raisonne,

Ou je... si vous n'êtes calmés, J'em... brasse l'un, l'autre, je le... chiffonne, Coquins d'enfants... chers petits bien-aimés !

N'êtes-vous pas, dans l'ombre au loin morose

Où se dérobe le chemin.

Ces Enchanteurs à la baguette rose

Nous transformant d'un tour de main ?

Que ferez-vous de notre vie,

Dans le cercle où vous l'enfermez.

Gais nécromans qui nous l'avez ravie.

Coquins d'enfants... chers petits bien-aimés ?

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