SCÈNE VIII
MUNDO, HERNOCK, HERRIG, la foule, puis HILDIGA
et plus tard ATTILA
HERNOCK
C'est la voix de mon père 1 Oui, c'est là que ces cris... HILDIGA, paraissant à laporte du fond, pâle, sanglante, la hache à la main.
Venez tous, venez voir Attila rendre l'âme !
Il est mort de ma main, de la main d'une femme !
Jetez son corps aux chiens ! ^ ^^
Fils d'Attila, viens voir!
Assassin de Walter, vois: j'ai fait mon devoir.
(Elle le pousse violemment de la main vers la chambre.)
172 LES noces d'attila
HERNOCK, ressortant de la chambre.
Misérable ! Soldats, vengeons d'abord mon père ! Vengeons-le dans le sang de la reine étrangère, Tuez-la 1
ATTILA, parait, chancelant, couvert de sang.
La tuer ! qui? la reine? Pourquoi ?
Inclinez-vous devant la reine, comme moi I
HERNOCK
Elle vient d'avouer elle-même son crime, Elle a frappé...
ATTILA
Qui donc ? où donc est sa victime?
HERNOCK
Toi, père ! elle l'avoue.
ATTILA
Elle est folle, elle ment !
Je défends qu'on la croie en son égarement.
HERNOCK
Mais regarde! ton sang sur ta poitrine, père... ATTILA, bas, en l'amenant sur le devant de la scène. Mon nom flétri, mes fils chassés. Laisse-moi faire 1 C'est égal! qui m'eût dit? — Si ! Mundo le disait: Le vautour, la colombe... Allons... c'en est donc fait !
(A la foule.) Peuple, écoute ! saisi d'un étrange vertige, J'ai voulu me tuer... oui, c'est ainsi, vous dis-je! Et je me suis jeté, pour que le coup fût sûr, Moi-même sur ma hache, en l'appuyant au mur! La frayeur de la reine a causé sa folie ; Tout ce qu'elle a dit là, j'ordonne qu'on l'oublie !
(Bas.) — Hernock, l'on affirmait que les Francs, les Gaulois, Près du Danube... Prends garde !
HERR1C, entrant.
Ma fille !