SCENE IX ET DERNIÈRE
Les Mêmes, GÉRONTIA, captifs, entourant Hernock et les Huns qu'ils menacent de leurs armes.
HERRIC
Attila, l'œuvre est faite.
Tes soldats et leurs chefs, au milieu de la fête, Ivres morts, sans combat sont tombés sous nos coups, Le palais est en flamme et la ville est à nous.
ATTILA, regardant autour de lui.
C'est donc vrai ! loin de moi ce drapeau. . . l'autre, l'autre ! — Le chant des Huns! je veux...
HERRIC, faisant signe à Géronlia.
Non , pas le tien : le nôtre !
GÉRONTIA, élevant le drapeau au-dessus d'Attila, qui recule et le regarde avec terreur et stupeur, pendant le chant qui suit.
Il est libre ! — Des jours d'angoisse et de tristesse Il sort vainqueur, blessé comme un guerrier au flanc! Flotte au vent, fier drapeau des soldats de Lutèce, Bleu comme leur regard, rouge comme leur sangl Il est libre ! On disait : « Dans la tempête noire, « Sur le rocher perfide et sous le flot grondant, « Le vaisseau de Lutèce, avec sa vieille gloire, « A péri pour jamais. » — Regardez cependant!
Ce vaisseau que berce le fleuve,
Après la sombre et rude épreuve,
Il va vers les jours radieux,
Vers la paix qui semblait un rêve,
Vers la liberté qui se lève,
Vers le Dieu vainqueur des faux dieux !
Si le vent redouble de rage...
0 vaisseau, fatigue l'orage,
Dis à l'écueil : que fais-tu là?
Et ne crains plus, car Dieu te garde,
Sous la vague obscure et hagarde,
La rencontre des Attila !
ATTILA
Attila... qui parlait d'Attila? qu'on l'enlève, Ce drapeau !
(Voyant Ilildiga immobile à gauche sur le seuil.)
Tout s'écroule... Il est fini, le rêve !
(Il chancelle.) HERNOCK
Mon père !
ATTILA
Adieu, mon fils je t'aimais ! — C'est assez !
Je meurs... Saluez tous la reine... obéissez.
(Il tombe aux pieds d'IIildiga.)
FIN