‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 166 sur 387 · SCENE VI PAUL, FAUSTUS, LYDIE, MÉGARA, Esclaves · texte numérisé non relu

SCENE VI PAUL, FAUSTUS, LYDIE, MÉGARA, Esclaves

MÉGARA

Nous voici, nous voici, maître ! Bonnes nouvelles : Faustus va bien après ces blessures cruelles ; Pauvre jeune homme ! Puis, nous avons rencontré Sur la route Elymas de licteurs entouré ; Afranius nous a raconté cette histoire ; J'en ai ri, j'en ai ri, comme tu peux le croire.

LYDIE

Trop pour une chrétienne, enfant !

MÉGARA

Oui, j'en conviens, Tant de gaîté va mal à de nouveaux chrétiens ; C'est vrai, ma sœur, il faut que je le reconnaisse, Me voilà grave comme une diaconesse !

Et pour le bien montrer et prouver sans retard Je veux veiller moi-même aux apprêts du départ : Il faut aux voyageurs, que souvent l'on repousse, Les fruits, le pain azyme et les jarres d'eau douce. (Prenant quelques ballots aux mains des esclaves.)

Allons porter ceci dans le vaisseau d'abord. — Faustus, aide-moi donc.

(Faustus obéit.)

Voyez comme il est fort !

FAUSTUS, chargé des ballots.

Plus que je ne pensais.

MÉGARA

J'en voulais être sûre.

Tu ne souffres donc plus vraiment de ta blessure ?

FAUSTUS

Non.

238 l'apôtre

31 ÉGARA

Plus d'inquiétude alors en nous quittant !

(Les esclaves prennent les ballots des mains de Faustus et les portent dans le navire. Mégara s'arrête avec lui un moment.)

Regarde : que c'est beau la mer ! Es -tu content ? On dirait qu'à partir chaque flot vous invite ! Voyager, c'est charmant ! — Tu nous oublieras vite.

FAUSTUS

Non, Mégara.

MÉGARA, riant nerveusement.

Pourquoi ? C'est très gai, le départ ! Vois-tu ? les matelots chantent de toute part ! Non, je ne comprends pas que celui qui demeure Soit si triste... D'ailleurs, moi, jamais je ne pleure, Ne pleure pas non plus.

FAUSTUS

Mégara

C'est égal, C'est très gai le départ, mais cela fait bien mal !

(Elle tombe en sanglotant dans les bras de Lydie.) FAUSTUS

Mégara !

PAUL

Reste ici, Faustus !

FAUSTUS

Te laisser, maître ?

PAUL

Ta présence là-bas me gênerait peut-être ; A ton âge, on n'a pas la force qu'il faudra Pour supporter... et puis, regarde Mégara !

FAUSTUS

Maître

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