‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 335 sur 387 · GEOFFROY ET ARNOUL · texte numérisé non relu

GEOFFROY ET ARNOUL

Tant pis ! Par la mort Dieu !

ROBERT

Moins de fougue 1 j'estime Pourtant qu'elle sera bientôt plus légitime ; Attendons. Jusque-là ne laissez pas en vous S'éteindre cette flamme et cet ardent courroux

— Moi qui, né dans le peuple, en connais les souffrances, Je ne songe jamais sans de cruelles transes

Aux luttes que pour lui nous devrons soutenir, Et je prépare tout pour ce long avenir ; C'est pour la foule, pour les humbles de ce monde, Qu'il faut, le jour venu, que chacun me seconde, Car l'ennemi, les grands vassaux, les vieux tyrans, Résisteront... Alors, enfants, serrez vos rangs î Je serai votre chef, et j'aurai de bons aides ; J'aime les attiédis, je n'aime pas les tièdes !

— Laissons faire la reine, et, comme elle, prenons Pour devise et pour loi, mes jeunes compagnons, Ces mots : France.. .d'abord! A France jamais honte !

DAME SARRETTE

Et quels sont ces deux grands féodaux ?

ROBERT

L'un, le comte De Clermont, Hugonnel.

GEOFFROY

Hugonnel le grossier, Prince outrageux et dur, plus méchant qu'un sorcier !

Page 1