‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 337 sur 387 · SCÈNE III Les Mêmes, BLANCHE · texte numérisé non relu

SCÈNE III Les Mêmes, BLANCHE

BLANCHE, qui depuis un moment écoutait au fond. Donnez ! Je lirai, moi.

(Geoffroy fléchit un genou devant la reine et lui offre le parchemin.) BLANCHE, lisant.

Chanson ferai pour dame douce et belle ; Amour le veut, amour ! Et c'est assez Pour le renom de cette chansonnelle ; Va, ma chanson à Celle que je sais !

Va, ma chanson qui de mes pleurs est née, Comme l'oiseau qui part avant le jour, Trouver au loin la blonde couronnée, Et conte-lui ma tristesse d'amour ;

Dis mon amour à la comtesse blonde, Ce que je souffre et me plais à souffrir Pour la plus noble et la meilleure au monde, Et lier serai si j'en devais mourir ;

N'obtiendrai rien que son mépris peut-être ; Peut-être aussi ses regards courroucés S'attendriront, me pouvant mieux connaître ; Va, ma chanson, à Celle que je sais !

ROBERT

Je m'y connais fort peu, mais la chanson me touche ; L'homme qui fit ces vers n'est point dur et farouche.

DAME SARRETTE

Pour qui sont-ils, ces vers remplis d'un amour tel?...

BLANCHE, vivement.

Je devine!... C'est pour Diane de Réthel...

Ou bien pour Isabeau de la Marche... peut-être...

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