‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 53 sur 387 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, GÉKALD, AMAURY, la foule.

GÉRALD, montrant les deux épées que porte un page. Sire, voici Joyeuse et voici Durandal.

CIIARLEMAGNE

Viens dans mes bras, mon fils, preux fidèle et loyal !

(Au page qui porte les deux épées,)

Donnez-moi Durandal.

(11 prend l'épée )

Te voilà délivrée, Durandal ! — C'est bien toi ! C'est ta lame sacrée ;

Je reconnais l'acier, et dans ta garde d'or Les reliques... Voyez, elles y sont encor ! Oh ! laisse- moi presser mes lèvres sur ta lame, Épée illustre et sainte où Roland mit son âme ! Que tu devais souffrir, captive des païens ! Console-toi : c'est moi, moi le roi, qui te tiens !

— Mon Roland t'attendait dans sa demeure sombre, Nous irons t'y placer pour réjouir son ombre.

(Il va placer Durandal sur le trône, puis revient vers Gérald.)

Repose jusque-là sur le trône royal,

Sous les plis du drapeau de France, ô Durandal !

— Gérald, voici le prix que ta valeur réclame :

La fille de Roland demain sera ta femme ;

Viens maintenant, au pied des autels prosterné,

Offrir ce grand triomphe à qui nous l'a donné !

(Tout le monde sort, excepté Amaury qui est resté jusque-là perdu dans

la foule.)

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