ACTE QUATRIEME
Le soir de Roncevaux, dans le fatal vallon, Quand Olivier mourant maudissait Ganelon : « Tais-toi, lui dit Roland, plus de parole amère ; « Épargne devant moi le mari de ma mère !» L'univers, où son nom vient toujours retentir, Vénère maintenant le chevalier martyr, Si bien que, nous offrant ce rare et noble exemple, La tombe de Roland lui peut servir de temple ! Tel fut Roland. — Voici sa fille près de toi, Sire Gérald; avant de recevoir sa foi, Cherche si dans ton cœur ferme, loyal, fidèle, On ne peut rien trouver qui soit indigne d'elle.
GÉRALD
Rien i Je peux donc offrir, messire dizainier, Sur ce bouclier d'or le sol et le denier.
(Il présente à Berthe le bouclierqu'elle reçoitet remet aune de ses suivantes.)
Dame Berthe, à présent, selon le même usage, Offrez au fiancé les dons du mariage.
Messire dizainier, j'offre donc devant vous Le manteau, puis l'épée, à mon futur époux.
Oine des suivantes remet à Gérald l'épée et le manteau qu'il fait passer à un seigneur de sa suite.)
LE DUC NAYME
Et maintenant, il faut pour l'hymen qu'on espère, Joindre au désir du fils la volonté du père. — Venez, comte Amaury. Voici les fiancés ; Ils ne peuvent sans vous être unis. Prononcez.
AMATJRY, avançant lentement.
Sire duc... Pardonnez à mon trouble... Il me semble Que pour moi cet honneur est trop grand, et je tremble ; Je voudrais qu'en ce jour qui met tout au vrai prix, Le père disparût dans la gloire du fils 1
Après ce qu'il a fait, ce qu'il fera peut-être. Mon fils est le vrai chef de famille, le maître ! Moi je ne suis plus rien, je ne peux rien, sinon Sentir mon cœur frémir de tendresse à son nom. Faites ce qu'il désire.
GÉRALD
Ah ! mon père... De grâce !...
Ma gloire, c'est d'avoir bien suivi votre trace.
AMAURY
Ce que j'ai dit, Gérald, je dois le maintenir : ?>Ioi, je suis le passé ; marche vers l'avenir !
LE DUC NAYME
Comte Amaury, c'est bien ! — Pour que nul n'en ignore A tous, selon la loi, je fais appel encore. Ainsi, par des motifs qu'a prévus cette loi. Quelqu'un s'oppose-t-il à cet hymen ?
RAGENIIARDT, sortant de la foule.
Oui, moi.