‹ Œuvres choisies; La Fille de RolandChapitre 64 sur 387 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Et laissant accomplir cet hymen exécrable,

Je parlerais quand tout serait irréparable !

Eh bien, non, non! Cela, je ne le ferai pas,

Et tous deux je vous sauve avant le dernier pas!

LE DUC NAYME

Explique-toi donc?

TOUS

Oui!

AMAURY

N'écoutez pas cet homme, Il est notre ennemi.

RAGENHARDT

Prends garde, toi qu'on nomme Amaury !

AMAURY

Que peux-tu? quelles preuves as-tu Pour attaquer mon fils, sa gloire, sa vertu ?

RAGENHARDT

Je ne l'attaque pas, je le défends, te dis-je !

AMAURY

Contre qui?

RAGENHARDT

Contre toi.

LE DUC NAYME

Parle donc, je l'exige.

Non ! ne l'écoutez pas : il ment, il va mentir. Mais j'épargnai sa vie, et c'est mon repentir.

RAGENHARDT

Ton repentir, dis-tu? Tu n'en as donc pas d autre ? — Cet homme dont la main ose toucher la vôtre,

Je connais son passé, je connais son vrai nom, Et je vais vous le dire à tous.

AMAURV

Tu mens, Saxon, Tu mens !

RAGENHARDT

Eh bien, je vais devant l'empereur même, Je vais donner la preuve, oui, la preuve suprême! Oui, je le prouverai, cet homme que voici Se nomme...

AMAURY, bas, allant jusqu'à lui.

Tais -toi! pas devant lui! pas ici!

RAGENHARDT

Je suis plus généreux que toi, comte, j'espère,

Car c'est devant son fils que tu tuas mon père!

Je voudrais épargner Gérald, je ne le puis :

Les ombres des martyrs viendraient troubler mes nuits !

Je peux faire du moins, et cela doit suffire,

Qu'il apprenne par toi ce que je venais dire !

Parle donc à ton fils, toi-même, si tu veux.

AMAURY

C'est bien... Reste, Gérald.

(Aux assistants.)

Qu 'on nous laisse tous deux !

BERTIIE

Dieu! qu'est-ce donc? Sur nous je sens comme un orage

GEOFFROY, au duc Nayme, montrant Amaury. Voyez quelle pâleur a couvert son visage!

LE DUC NAYME

Oui.

GEOFFROY, à Ragenhardt.

Qui donc es-tu, toi qu'à nos yeux étonnés...

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