SCÈNE VIII
M. DE CRAC, M. FRANCHEVAL, M. VERDAC.
M. DE CRAC
Tous ces gens-là sont d’une audace extrême.
FRANCHEVAL, à part.
Comme il va s’en donner î
M. DE CRAC
Lé fait est très-certain ; Mais vous en doutérez ; car tel est mon destin.
Vous permettez qu’on doute ?
M. DE CRA C
Il n’est rien dé plus drôle J’allais tranquillement, mon fusil sur l’épaule.
Zeste, un lièvre part.
VERDAC.
Bon.
M. DE CRAC
Oh ! rien n’est plus commun :
Il ne m'arrivé pas d’en manquer jamais un.
Jé prends donc mon fusil : à tirer je m’apprête ; Frrr... un perdreau s’envole au-dessus dé ma tête.
FRANCHEVAL.
Qué faire ?
M. DE CRAC
Un autre, alors, sé sérait contenté Dé tirer l’un des deux.
VERDAC.
Oh ! oui, j’aurais opté,
J’en conviens.
M. DE CRAC
Eh bien ! moi qui suis un bon apôtre, J’ai trouvé plus plaisant dé tirer l’un et l’autre.
L’un s’arrête tout court; l’autre la tête en bas Descend...
MONSIEUR DE CRAC
Oh ! jé lé vois.
M. DE CRAC
.Mais vous né voyez pas
Lé perdreau justément tomber dessus lé lièvre,
Qui respirait encore.
VERDAG, riant beaucoup.
Et dut avoir la fièvre.
M. DE CRAC
Dé façon qué dé loin sur lé pauvre animal Lé perdreau, sans mentir, semblait être à chévaî,
Et fût resté longtemps dans la même posture,
Si mon chien n’avait pris cavalier et monture.
Eh donc ? qu’en dites-vous ?
FRANCHE VAL
Monsieur... en vérité...
VER D AC
Rien dé plus curieux, surtout dé mieux conté, D’honneur !
M. DE CRAC
Dans mon carnier ils sont encore ensemble ; Et jé prétends qu’un jour la broche les rassemble ; Qué dans un même plat tous les deux soient servis.
VERDÀC.
D’uné telle union les yeux séront ravis.
Quel jour est-ce ?
M. DE CRAC
Merdac, vous lé saurez sans doute.
(A Franche val.)
Mais vous né dites rien, jeune homme?
FRANCHEVAL.
L’étranger né vient point.
Moi, j’écoute.
M. DE CRAC
Où donc est-il, vraiment?
FRANCHEVAL.
Avec mademoiselle il cause apparemment.
M. DE CRAC
Bon. Je lui dois la vie, il faut qué j’en convienne.