‹ [Œuvres choisies]Chapitre 144 sur 558 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

M. GERMAIN

Comment?

Eh! c’est à vous que le cadeau s’adresse.

M. GERMAIN

A moi?

M. MARCEL, imitant l’accent de son frère.

« Je voudrais bien ( nous disais-tu sans cesse « Un petit Cicéron, qu’on pût lire en chemin,

« Et mettre dans sa poche. » Aussi vois-tu, Germain, Depuis un mois je rôde, et je cherche en cachette;

Je le rencontre, enfin, ce livre, je l’achète,

Et je te l’offre.

M. GERMAIN

O Dieu ! que voilà bien Marcel,

Et ses attentions, et son bon naturel !

M. MARCEL

Vante ce trait bien fort ! ma largesse est extrême!

M. GERMAIN

Ah! Marcel! ce n’est pas le présent en lui-même, C’est l’aimable abandon, la grâce que tu mets..*

M. MARCEL

Eh! finis donc...

M. GERMAIN

Dis-moi, femme, vis-tu jamais Un cœur comme le sien?

Mais je connais le vôtre ; Vous êtes tous les deux bien dignes l’un de l’autre.

M. MARCEL

Bonne sœur!

M. GERMAIN

Charmant livre! Oh! comme nous lirons!

M. MARCEL

Tout en nous promenant! Tiens, frère, parcourons.

MADAME GERMAIN

Oui, oui, messieurs, songeons chacun à notre ouvrage; Lisez Cicéron; moi, je vais à mon ménage.

LA FAMILLE BRETONNE

M. GERMAIN

Bien, femme.

M. MARCEL

Au revoir, sœur.

MADAME GERMAIN, à part.

Fort bien ; vous oubliez

Par bonheur, chers amis, que vous étiez brouillés :

De vous le rappeler, moi, je n’ai point envie.

(Elle sort.)

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