‹ [Œuvres choisies]Chapitre 146 sur 558 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

Mais peut-on répéter ce mot-là trop souvent?

Mon frère!

M. MARCEL

Mon cher frère !

(ils s’embrassent.)

Ah ! ce livre m’enchante ;

Nous sommes bien tombés: la lettre est si touchante!

M. GERMAIN

Ils avaient eu tous deux quelques débats, je voi... Cicéron était vif, il était comme moi.

M. MARCEL

Eh bien! de son humeur est-on toujours le maître? Puis le frère Quintus... que sais-je?... était peut-être Obstiné comme moi.

M. GERMAIN

Bon! s’ils étaient brouillés,

Je vois que les voilà bien reconciliés.

M. MARCEL

On ne se brouille pas longtemps avec son frère.

M. GERMAIN

Oh! non: on a parfois un moment de colère...

M. MARCEL

D'humeur; mais on s’en aime encore mieux après.

M. GERMAIN

Je sens tout ce qu’il dit.

M. MARCEL, lisant par-dessus son épaule.

Moi, ie me reconnais.

(il lit.)

« Je n’ai reçu de toi que choses agréables,

« Que consolations, que procédés aimables;

« Et tu ne tiens de moi, j’en dois faire l’aveu,

« Que peines, que chagrins, que tourments... »

M. GERMAIN

Ah! bon Dieu!

Que dis-tu là!

M. MARCEL

Je lis.

M. GERMAIN

Cicéron a pu dire?...

LA FAMILLE BRETONNE

M. MARCEL

Oui, mot pour mot, tiens...

M. GERMAIN

Non, je ne veux point relire.

Entre frères, Marcel, tout n’est-il pas commun,

Et peines et plaisirs? Deux frères ne font qu’un.

M. MARCEL

J’entends bien; mais...

M. GERMAIN

Eh ! non ; pour être trop sensible, Ce pauvre Cicéron en était susceptible.

M. MARCEL

Je le suis donc aussi?

M. GERMAIN

Point du tout.

M. MARCEL

Mais enfin...

Ah 1 tu cherches encore à disputer, taquin ?

Mais moi, je ne veux pas. Ce serait bien dommage. Allons lire au jardin.

M. MARCEL

Oui, sous ce bel ombrage ;

Et nous nous assiérons, mon frère, sur le banc Que ma soeur a nommé le raccommodement .

m. germain. [tre:

Ah! oui, mon cher Marcel, c’est là qu’il faut nous met- Digne place pour lire une aussi bonne lettre 1

M. MARCEL

Allons...

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