ACTE III, SCÈNE V
M. GERMAIN
Il veut partir; eh bien!
Qu’il parte, qu’il s’en aille? à mon tour je l’oublie Pour toujours; c’en est fait...
MADAME GERMAIN
Ah ! je vous en supplie!
M. GERMAIN
Qu’a-t-il dit en partant? Je vous quitte à jamais! Oui; je jure!...
MADAME GERMAIN
Ah! de grâce...
M. GERMAIN
Où donc est Charle?
Il est sorti, je crois.
M. GERMAIN
Pour alier où?
MADAME GERMAIN
Eli ! mais
Qu’il allait...
Je pense
M. GERMAIN
Chez mon frère? Il aurait l’insolence?... Sans ma permission mon fils aurait?
MADAME GERMAIN
O ciel!
M. GERMAIN
C’est son oncle, après tout, rien n’est plus naturel.
MADAME GERMAIN
C’est ce que j’ai pensé, je l’avoue.
M. GERMAIN
Oui, ma femme,
C’est un devoir pour lui.
Notre fils a de T âme;
Il sait concilier tous les devoirs.
M. GERMAIN
Oh! oui;
En celte occasion je suis content de lui.
LA FAMILLE BRETONNE
MADAME GERMAIN
Va, je te connais mieux que tu ne fais toi-même;
Ce frère, toujours cher, qui te fuit et qui t’aime,
Te fait souffrir un mal qu’à son tour il ressent;
Présent tu le grondais, tu le pleures absent.
M. GERMAIN
Ma femme, à son départ, oui, je suis trop sensible. Marcel est heureux, lui; son cœur est inflexible.
MADAME GERMAIN
Oh! pouvez-vous le croire?
M. GERMAIN
Ah! je crois...
MADAME GERMAIN
Vous sortez?
Je vais... ne me suis point.
MADAME GERMAIN
Mon ami, permettez.
M. GERMAIN
Laisse-moi; j’ai besoin d’un peu de solitude.
MADAME GERMAIN
J’obéis.
(M. Germain sort»)