ACTE II, SCENE VII
Et de son entretien rien ne peut vous distraire :
Cette assiduité commence à me déplaire.
EUPHRÀS IE.
Cet Olivier!... du moins, ainsi vous l’appelez,
Il est notre parent.
MADAME MERVILLÈ.
Il l’est, si vous voulez,
Quoique de loin ; aussi, sans cesse il me prodigue Le beau nom de cousine , au point qu’il m’en fatigue.
EUPHRASIE
Vous en parlez, peut-être, avec bien du mépris ;
Si l’esprit, la vertu, les talents ont leur prix,
Je pense qu’Olivier, en qui tout cela brille,
Ne peut faire qu’honneur à toute la famille.
MADAME MERVILLE
Et comment, je te prie? inconnu, sans crédit...
C’est monsieur de Naudé, c’est lui, sans contredit,
Qui, par son nom, son rang, son état, nous honore; Mais, Olivier...
EUPHRASIE
N’est rien; il est pauvre... Ah! j’ignore Si monsieur de Naudé serait content ici De s’entendre louer aux dépens d’un ami ;
Il a pour Olivier la plus sincère estime,
Et de sa pauvreté ne lui fait pas un crime.
MADAME MERVILLE
A la bonne heure : mais, parlez-moi de Lorsan ;
Il est connu, fêté! voilà, convenez-en,
Quelqu’un qu’on peut citer, qui marque dans le monde.
EUPHRASIE
Mais il faut que les mœurs, que le cœur y réponde.
MADAME MERVILLE
Sans doute; mais Lorsan est jeune encor; le temps Mûrit tout ; peut-on être un sage à vingt-cinq ans?
Il me plaît par son air, ses discours, ses manières ; Puis, c’est le protégé de m^s .fils.
EUPHRASIE
Protègent !...
Ah! mes frères
MADAME MER VILLE
Pourquoi pas? mes fils ont...
EUPHR ASIE.
Du babil
MADAME MERVILLE
De l’esprit naturel.
EUPHR A SIE.
Soit. Gela suffit-il?
Il ne s’agit pas d’eux, mais de Lorsan, ma fille,
Leur plus intime ami, bientôt de la famille,
Qui comme tel par vous doit être regardé.
EUPHRASIE
Mais vous aviez promis à monsieur de Naudé D’attendre un peu...
MADAME MERVILLE
Bon! bon! pure plaisanterie !
C’est, d’un vieillard aimable, une galanterie...