ACTE III, SCÈNE II
Que je pourrai tirer parti cle l’aventure ; Non pas pour l’intérêt, bien certainement.
JASMIN
Pense-t-on à cela ? toi surtout !
JÜLIE.
Bon !
Qui, moi ? non ;
Je m’embarrasse peu de l’argent du bonhomme.
JASMIN, à part.
Qu’elle prendra fort bien.
JULIE
Tiens, Jasmin, Dieu sait commo Il va venir à moi d’un air doux, caressant,
Mais tremblant, modeste !...
JA SMIN.
Oui, comme un adolescent.
JULIE
Implorer mes secours, mon appui secourable ;
Et moi qui ne suis pas cruelle, inexorable...
JASMIN
Non.
JULIE
Je donne l’espoir de me laisser fléchir ;
Mais je demande un peu le temps de réfléchir.
Or lui, qui, franchement, n’a pas le temps d’attendre, En devient plus pressant, et d’une voix si tendre, M’exprime son ardeur, son désespoir, qu’enfin Je lui prête l’oreille ; et pourtant d’un air fin,
Je fais envisager des rivaux, des obstacles.
Mais l’amour, tu le sais, Jasmin, fait des miracles;
Et, déjà trop habile à me persuader,
Notre éloquent vieillard saura me décider
-Par quelques traits puissants sur les âmes sensibles.
JASMIN
Oui, de ces arguments qu’on nomme irrésistibles.
JULIE
Allons... encore !
JASMIN
Enlin, tout cela, conviens-en:
Te rapportera plus que l’amour d’un Lorsan. C’est monsieur de Naudé, je te laisse, courage.
JULIE
Ce tête-à-tête-là ne te fait point d’ombrage?
JASMIN
Ta vertu me rassure.
(il sort.)