‹ [Œuvres choisies]Chapitre 22 sur 558 · SAINT-BRICE, M. DE CRAC · texte numérisé non relu

SAINT-BRICE, M. DE CRAC

M. DE CRAC, arec an autre habit.

Ami, qué jé vous conte uné chanson à boire,

Qué j’ai faite impromtu, commé vous pouvez croire. Verdac, qui l’entendait, en riait comme un fou.

(il chante.)

J’aimé beaucoup les femmes blanches ;

Mais j’aime encor mieux le vin blanc ;

Jé n’ai point vu de femmes franches,

Et j’ai bu souvent du vin franc.

Lé sexe n’est mé rien quand jé flûte ;

Et dans cela commé dans tout,

Chacun a son goût ;

Point dé dispute,

Chacun a son goût i.

SAINT-BRICE

La chanson est jolie. Eh mais! je ne sais où,

Mais quelque part ailleurs je l’ai vue imprimée.

M. DE CRAC

Il sé peut ; dé mes vers, oui, la France est sémée.

SAINT-BRICE

Elle a paru, je crois, sous le nom de Gobé.

M. DE CRAC

Àh 1 cé n’est pas lé seul couplet qu’il m’ait volé.

Dé mon absence il a profité, lé compère.

Jé l’aimais fort au reste ; il m’appelait son père. Mais dépuis qu’en ces lieux jé mé vois confiné.

Lé Parnasse, mon Gher, est bien abandonné.

Qué vous dirai-je, enfin? les muses esilées,

Dans quelqué coin obscur, plaintives, désolées...

Jé né puis y penser sans répandre des pleurs.

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