SAINT-BRICE, M. DE CRAC
M. DE CRAC, arec an autre habit.
Ami, qué jé vous conte uné chanson à boire,
Qué j’ai faite impromtu, commé vous pouvez croire. Verdac, qui l’entendait, en riait comme un fou.
(il chante.)
J’aimé beaucoup les femmes blanches ;
Mais j’aime encor mieux le vin blanc ;
Jé n’ai point vu de femmes franches,
Et j’ai bu souvent du vin franc.
Lé sexe n’est mé rien quand jé flûte ;
Et dans cela commé dans tout,
Chacun a son goût ;
Point dé dispute,
Chacun a son goût i.
SAINT-BRICE
La chanson est jolie. Eh mais! je ne sais où,
Mais quelque part ailleurs je l’ai vue imprimée.
M. DE CRAC
Il sé peut ; dé mes vers, oui, la France est sémée.
SAINT-BRICE
Elle a paru, je crois, sous le nom de Gobé.
M. DE CRAC
Àh 1 cé n’est pas lé seul couplet qu’il m’ait volé.
Dé mon absence il a profité, lé compère.
Jé l’aimais fort au reste ; il m’appelait son père. Mais dépuis qu’en ces lieux jé mé vois confiné.
Lé Parnasse, mon Gher, est bien abandonné.
Qué vous dirai-je, enfin? les muses esilées,
Dans quelqué coin obscur, plaintives, désolées...
Jé né puis y penser sans répandre des pleurs.