‹ [Œuvres choisies]Chapitre 236 sur 558 · ACTE V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE

Notre ami fournira la plus belle carrière!

Jule et moi, grâce à lui, sommes sûrs d’un emploi^

Il doit me faire avoir une héritière, à moi.

MADAME MERVILLE

Ah ! ton Lorsan!... sa marche ici n’est pas très-claire; Et monsieur de Naudé se conduit au contraire...

Car je vois que Lorsan s’est donné quelque tort,

Que son sage rival a réparé d’abord.

Ils s’obstinent tous deux à garder le silence,

Mais l’un par modestie et l’autre par prudence.

MERVILLE

Non, encore une fois, ma mère, ce n’est rien.

Rien du tout. Il est jeune, un peu volage... eh bien! Il aime le plaisir; après tout, qui ne l’aime?

Que de plaisirs enfin nous promet à nous-même L’hymen avec Lorsan, et combien de douceurs !

Il a, vous le savez, les plus charmantes sœurs !...

Qui donnent chaque jour des fêtes ravissantes :

Ma mère, ce sont là des raisons très-puissantes.

MADAME MERVILLE

Tout à fait... Eh ! mon fils, vous parlez de plaisirs, C’est fort bien; mais l’argent, objet de vos désirs, Vous n’y pensez donc plus, étourdi que vous êtes ! Pourtant il vous en faut pour tout ce que vous faites. Or, monsieur de Naudé, s’il épouse ta sœur,

Se croira trop heureux d’en être possesseur ;

Songer à l’intérêt, lui, né riche lui- même ! Généreux!... juge donc si pour celle qu’il aime !...

MERVILLE

Il faudra cependant lui donner une dot.

MADAME MERVILLE

Moi, j’espère que non.

MERVILLE

Vous croyez ?

MADAME MERVILLE

En un mot,

Si la sœur me coûtait des avances légères,

Je pourrais faire alors un peu plus pour les frères.

MERYILLE.

Quoi?

MADAME MERVILLE

Ce que je vous dis est clair, convenez-en.

MERVILLE

Mais...

MADAME MERVILLE

Tenez-vous encore à l’hymen de Lorsan ?

MERVILLE

J’y tenais; sûrement, c’est un grand sacrifice... Mais quand ma mère parle, il faut que j’obéisse.

(il lui baise la main.) MADAME MERVILLE, souriant.

Ah :

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