‹ [Œuvres choisies]Chapitre 24 sur 558 · M. DE CRAC, SAINT-BRICE · texte numérisé non relu

M. DE CRAC, SAINT-BRICE

SAINT-BRICE

Vous avez pour voisins des gens pleins de mérite

M. DE CRAC

La peste! jé lé crois : du pays c’est l’élite. Gentilshommes, dieu sait! tous deux sont mes vassaux. Vous voyez qué pourtant jé les traite en égaux.

MONSIEUR DE CRAC

Mais quoi ! pour m’amuser, j’aime bien mieux descendre. Et jé n’ai point l’orgueil dé cé jeune Alesandre,

Qui pour rivaux, dit-on, né voulait que des rois : Gomme dé vrais amis, nous vivons tous les trois.

SAINT-BRICE

Le plus jeune des deux me paraît fort aimable.

M. DE CRAC

Verdac est d’une humeur encor plus agréable.

Il vous écoute, au moins.

SAINT-BRICE

Et surtout il vous croit.

M. DE CRAC

Au lieu qué Franchéval est souvent distrait, froid.

SAINT-BRICE

Il paraît empressé près de mademoiselle.

M. DE CRAC

C’est bien gratuitement qu’il soupiré pour elle.

Ma fille né veut pas du tout sé marier.

SAINT-BRICE

Est-il possible?

M. DE CRAC

Eh! oui; rien n’est plus singulier :

Lucile a refusé vingt partis d’importance;

(A l’oreille.)

Lé fils du gouverneur. Là-dessus, jé la tance! dé né puis davantage; et l’honneur mé défend Dé faire violence au cœur dé mon enfant.

SAINT-BRICE

Elle est d’ailleurs charmante.

M. DE CRAC

Il faut qué jé l’avoue.

Jé né puis la louer; mais j’aime qu’on la loue.

C’est qu’elle a tout, monsieur : elle est belle, d’abord; Elle a les plus beaux yeux!

M. DE CRAC

Oui, j’en tombe d’accord.

Verdac, pétit flatteur, dit qu’ellé mé ressemble.

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