ACTE II, SCÈNE X
grâces à vous, monsieur, je suis prompte à saisir ; Vous enseignez si bien !
M. BELFORT
J’enseigne avec plaisir.
Du moins : il est aisé d’instruire une personne Qui profite si bien des leçons qu’on lui donne.
Vous trouvez donc, vraiment, que je fais des progrès?
M. BELFORT
Ah! beaucoup.
ANGÉLIQUE
Cette étude a pour moi des attraits, Monsieur : j’ai tout de suite aimé la langue anglaise.
M. BELFORT
Je ne suis point du tout surpris qu’elle vous plaise,
Mademoiselle : il est des Anglaises à vous
Un tel rapport d’humeur, de sentiments, de goûts!...
ANGÉLIQUE
Vous croyez?...
M. BELFORT
Vous avez beaucoup de leurs manières.
Elles sont nobles, môme elles sont un peu hères ; Elles parlent très-peu, mais parlent à propos,
Ne médisent jamais; et dans leurs moindres mots,
On voit régner toujours une sage réserve.
Voilà leur caractère; et plus je vous observe.
Plus je crois voir qu’au vôtre il ressemble en tout point.
ANGÉLIQUE
Je le souhaite, mais je ne m’en flatte point.
Eh bien! Je trouve encore une autre ressemblance. Oui, d’elles vous avez jusqu’à l’indifférence...
Ah! pardon, je n’ai pas dessein de vous blâmer:
Yest sans doute un bonheur que de ne point aimer, idais vous leur ressemblez en cela davantage.
Car enfin, chacun sait qu’elles ont en partage Un calme, une froideur... et peut-être un dédain Qui sait les préserver...
SS
L’OPTIMISTE
ANGÉLIQUE
Oui, d’un penchant soudain.
Mais elles ne sont pas toujours aussi paisibles. Souvent ces dehors froids cachent des cœurs sensibles Où l’amour, en effet, entre d’un pas plus lent Mais tôt ou tard allume un feu plus violent..
Nous avons vu cela, monsieur, dans nos lectures.
M. BELFORT
Oui, nous en avons lu d’assez belles peinture Mademoiselle lit avec goût, avec fruit.
ANGÉLIQUE
Nous oublions, je crois, la leçon : le temps