SCÈNE XII
M. BELFORT, seul.
D’un mot, sans le savoir, il déchire mon âme.
Allons, il faut partir : voilà l'instant fatal.
Ne soyons pas témoin du bonheur d’un rival...
Du bonheur? Mais est-il bien sûr qu’il ait su plaire? J’ai quelquefois osé soupçonner le contraire.
Ce matin... je ne sais si je me suis trompé;
Mais un mot, un regard, un soupir échappé... Gardons-nous de saisir ces vaines apparences :
Je dois partir encor, si j’ai des espérances.
Je ne la verrai point. Qu’elle ignore à jamais.
Ce que j’étais, surtout à quel point je l’aimais.
Je vais poursuivre ailleurs ma pénible carrière.
Seul, triste, abandonné de la nature entière,
Sans secours, n’emportant avec moi qu’un seul bien: C’est un cœur qui du moins ne me reproche rien . Oui, je pars.