‹ [Œuvres choisies]Chapitre 309 sur 558 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M. BELFORT, seul.

D’un mot, sans le savoir, il déchire mon âme.

Allons, il faut partir : voilà l'instant fatal.

Ne soyons pas témoin du bonheur d’un rival...

Du bonheur? Mais est-il bien sûr qu’il ait su plaire? J’ai quelquefois osé soupçonner le contraire.

Ce matin... je ne sais si je me suis trompé;

Mais un mot, un regard, un soupir échappé... Gardons-nous de saisir ces vaines apparences :

Je dois partir encor, si j’ai des espérances.

Je ne la verrai point. Qu’elle ignore à jamais.

Ce que j’étais, surtout à quel point je l’aimais.

Je vais poursuivre ailleurs ma pénible carrière.

Seul, triste, abandonné de la nature entière,

Sans secours, n’emportant avec moi qu’un seul bien: C’est un cœur qui du moins ne me reproche rien . Oui, je pars.

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