‹ [Œuvres choisies]Chapitre 370 sur 558 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

M. DE FLORVILLE

Ah! fort bien.

(A part.)

Ce monsieur m’apprendra le nom de ma future.

Mais je n’en reviens pas. Quelle heureuse aventure! Je sens que pour jamais elle va nous lier.

Peut-être trouvez-vous ce début familier :

Mais quoi ! les voyageurs font bientôt connaissance. Quoique notre amitié ne soit qu’à sa naissance,

Je sens qu’elle ira loin,

M. DE FLORVILLE

Ah! monsieur!

m.^d’o rlange.

C’est au point

Que l’amour, non l’amour, ne nous brouillerait point.

M. DE FLORVILLE

Vous croyez?

M. d’ORLANGE.

J’en suis sûr. Ce serait bien dommage ! Mais si la même belle obtenait notre hommage,

Et qu’elle eût prononcé; l’autre, quoiqu’à regret, Céderait sans murmure, et se retirerait.

M. DE FLORVILLE

L’effort serait cruel pour une âme sensible.

M. D’ORLANGE.

A l’amitié, monsieur, il n’est rien d’impossible. D’ailleurs, aimons ensemble où nous verrons deux sœurs; Et cette double intrigue aura mille douceurs.

Mais si je soupirais pour une fille unique,

Et que vous survinssiez?...

M. d’ORLANGE.

Bon ! bon ! terreur panique !

M. DE FLORVILLE

Je le suppose.

M. d’ORLANGE.

Alors, c’est un point convenu :

Monsieur, que l’un de nous cède au premier venu.

LES CHATEAUX EN ESPAGNE

M. DE FLOR VILLE

Mais...

M. d’oRLANGE.

Par exemple, ici, si j’aimais Henriette,

Vous seriez confident de ma flamme secrète ;

Et moi, je vous rendrais même service ailleurs.

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