‹ [Œuvres choisies]Chapitre 384 sur 558 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

Sans ce délire heureux qui se glisse en nos veines. Flatteuse illusion! doux oubli de nos peines!

Oh! qui pourrait compter les heureux que tu fais? L’espoir et le sommeil sont de moindres bienfaits. Délicieuse erreur! tu nous donnes d’avance Le bonheur, que promet seulement l’espérance.

Le doux sommeil ne fait que suspendre nos maux;

Et tu mets à la place un plaisir : en deux mots,

Quand je songe, je suis le plus heureux des hommes; Et dès que nous croyons être heureux, nous le sommes.

VICTOR

A vous entendre, on croit que vous avez raison.

Un déjeuné pourtant serait bien de saison;

Car, en fait d’appétit, on ne prend point le change;

Et ce n’est pas manger que de rêver qu’on mange. m. d’orlange.

À propos... il raisonne assez passablement.

(il sort.)

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