‹ [Œuvres choisies]Chapitre 452 sur 558 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

M. DUBRIAGE, l’embrassant.

C’est toi, petit Julien?

LA SŒUR, allant aussi à M. Dubriage.

Oui, bon ami.

M. DUBRIAGE, l’embrassant aussi.

Bonjour.

(M. Dubriage s’assied.)

LA SŒUR

Comment ça va-t-il?

3, dubriage. Bien.

Et vous ?

LE FRÈRE

Tu vois.

M. DUBRIAGE.

Cela se lit sur vos visages.

Dites-moi, mes enfants, êtes-vous toujours sages ?

LE FRÈRE

Oh! toujours! Ce matin, maman nous le disait.

M. DUBRIAGE, se tournant tour à tour vers chacun d’eux.

Vraiment? [la sœur.

Si tu savais comme elle nous baisait !

LE FRÈRE

Et papa? Tout exprès il quitte son ouvrage.

LA SŒUR

Il prétend que cela lui donne du courage.

M. DUBRIAGE.

Et vous les aimez bien ?

LA SŒUR

Oui, comme nous t’aimons.

LE FRÈRE

Papa cause la nuit, croyant que nous dormons.

Hier encore, ma sœur était bien endormie,

Moi pas ; je l’entendais qui disait : « Mon amie,

« Conviens que nous devons être tous deux contents, « Et que nous avons là de bien jolis enfants ?... »

Et maman répondait : « C’est vrai qu’ils sont aimables. » « Dame, c’est qu’à leur mère ils sont tous deux sembla- Disait papa. « Julien, soit, répondait maman; [blés. » « Mais Suson te ressemble, à toi; là, conviens-en. »

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

M. DUBRIAGE.

Fort bien, mes bons amis ; comment va la mémoire ? Savez-vous ce matin une fable, une histoire ?

LE FRÈRE

Tiens, papa, ce matin encore nous répétions Un petit dialogue, à nous deux.

Ah ! voyons.

LE FRÈRE

Ça, commence, ma sœur.

(Les enfants récitent chacun leur couplet comme une leçon.)

LA SŒUR

« Quel est le patriarche

« Qui prévit le déluge et construisit une arche?

LE FRÈRE

« Noé, fils de Lamech, qui, comme vous savez,

« S’est échappé lui-même et nous a tous sauvés.

la sœur. [mes!

« On me l’avaitbien dit. Quoi! tous tant que nous som- <r Gomment ! un homme seul a sauvé tous les hommes !

LE FRÈRE

« Oui, sans doute ; et voici comment cela s’est fait ;

« Noé n’eut que trois fils, Sem, Cham et puis Japhet « Sem en eut cinq : chacun eut au moins une épouse, « Dont il eut maint enfant : Jacob seul en eut douze.

« Ces enfants se sont vus pères d’enfants nombreux : « C’est de là qu’est venu le peuple des Hébreux. la s g: u R.

« Ah! ah !

LE FRÈRE

« Je n’ai parlé que de Sem : ses deux frères « Du reste des humains ont été les grands-pères.

« Dieu dit : Multipliez et croissez a T envi.

« Nul précepte jamais n’a mieux été suivi,

« Et l’on continuera sûrement de le suivre.»

M. DUBRIAGE.

Où donc avez-vous vu cela ?

LE FRÈRE

Dans un beau livre,

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