‹ [Œuvres choisies]Chapitre 465 sur 558 · SCÈNE IX - MADAME ÉVRARD, LAURE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX - MADAME ÉVRARD, LAURE

MADAME ÉVRARD, à part.

Oh ! qu’elle me déplaît ! jeune et jolie encore !...

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

(Haut, d’un ton sec.)

Eh bien ! vous dites donc que vous vous nommez?

laure. Laure.

MADAME EVRARD

Ah !... quel âge avez-vous ?

LAURE

Pas encor vingt ans.

MADAME EVRARD. Non ?

C’est dommage. Eh! trop jeune... oui, beaucoup trop.

laure. Pardon.

Ce n'est pas ma faute...

MADAME EVRARD

Ah ! c’est la mienne.

laure. Madame,

Je ne dis pas cela.

MADAME EVRARD

Qu’êtes-vous ! fille, femme ?

Dites. LAURE.

Qui, moi? jamais je ne me marierai.

MADAME EVRARD

Et vous ferez fort bien. Je dois savoir bon gré A cet Ambroise ! Il vient, sans m’avoir pré venue, Nous amener ici d’emblée une inconnue.

laure.

Je me ferai connaître.

Il sera temps alors.

Vous pourriez bien avant être mise dehors.

laure.

J’ose espérer que non.

MADAME EVRARD

Tenez, c’est que peut-être Ambroise avec vous seule a pu faire le maître ;

Mais il vous a trompée, à coup sûr, en ceci,

S’il ne vous a pas dit que je commande ici.

LAURE

Je sais trop qu’en ces lieux vous êtes la maîtresse.

MADAME ÉYRARD.

Pourquoi n’est-ce donc pas à moi qiTon vous adresse?

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