ACTE I, SCÈNE III
Grossir contre Raimond lo nombre des complices, Fatiguer son sommeil à force de malices,
L’éveiller en sursaut au bruit des pistolets?
Que sais-je? En plein midi, lui fermer les volets. Pour qu'il se croie atteint d’une goutte sereine?
Ou, voulant supposer qu’une attaque soudaine L’a rendu sourd, ouvrir la bouche sans parler?
En sa présence encor, quoiqu’absent l’appeler,
Le battre même, afin qu’il se croie invisible?...
Tout cela qui, jadis, fut plaisant et risible,
Est usé, rebattu; puis c’est trop de moitié Contre ce bon Raimond, qui vraiment fait pitié. Tourmenter de la sorte un être aussi crédule,
Plus que le patient c’est être ridicule.
M. SAINT- FIRiUIN.
Ainsi vous réservez vos intrigues, vos plans,
Pour des occasions dignes de vos talens.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Mais; sans vous, cependant, point de bonne partie.
GÉLON
Ah!
EUSÉBIE
C’est trop de Monsieur blesser la modestie.
GÉLON, avec l’air de finesse.
Quoi qu’il en soit, sans moi, raillez cet innocent.
C’est tout ce que pourrait tenter un commençant... Florimel, par exemple.
FLORIMEL.
Hein? Me crois-tu novice?
GÉLON
Mais... à peu près: il faut à tout de l’exercice.
Vous promettez, mon cher; et quelque jour...
FL O R IME L.
Tenez,
Je n’aime point, Gélon, les airs que vous prenez.
M. S AINT-FIRMIN.
Rien n’est juste, pourtant, comme la représaille.
eusébie. [raille..
Nous voulons bien railler, mais non pas qu’on nous
MALICE POUR MALICE
MADAME DOLBAN.
Allons donc : entre nous, au moins point de débats.
M. SAINT- FIRM IN
Non, en parlant plaisir, ne nous chagrinons pas.