ACTE III, SCÈNE VII
FLORIMEL.
Eh! c’est toi, Léveillé? Qu’as-tu?
LÉ VEILLÉ
Je suis roué de coups.
Belle demande !
LUBIN, à Léveillé.
Vous étiez de la bande?
FLORIMEL, riant sous cape, ainsi que sa sœur.
De la bande? Il est gai.
LÉVEILLÉ
Fort gai !
M. SAINT- F IR MIN
Qui t’a battu ?
LÉVEILLÉ
Mais... ce manant.
RAIMO ND.
Encor quelque malentendu.
FLORIMEL.
C’est singulier, cela.
LÉVEILLÉ
J’en suis pour une côte.
RAIMOND, à Lubin, en affectant de la colère.
Quoi! c’est toi, malheureux?...
LUBIN
Voyez! est-ce ma faute?
Et pouvais-je mieux faire? On me dit d’avancer Sur le premier... je vois un homme se glisser; J’accours ; il fuit ; mais moi, je l’attrape et l’assomme... Oh! cela, comme il faut... 11 se trouve que l’homme Est monsieur Léveillé.
LÉVEILLÉ
Mais, oui.
LUBIN
C’est un malheur !
Mais aussi pourquoi diable a-t-il l’air d’un voleur?
FLORIMEL, riant sous cape.
L’air d’un voleur! Tandis qu’il venait, au contraire, L’aider à repousser les voleurs, en bon frère; N’est-ce pas ?
MALICE POUR MALICE
LÉVEILLÉ
(A Florimel et à Mlle Dolban.)
Je venais, je venais... . Oui, riez !
Et c’est toujours ainsi ; quand vous vous égayez Au dépends de quelqu’un, c’est toujours moi qui paie.
RAIMOND
Qu’entends-je? à mes dépens, est-ce que l’on s’égaie?
LÈVE ILLÉ.
C’est bien facile à voir.
FLORIMEL.
Malheureux ! sors d’ici.
M. S AINT-FIRMIN.
Oui, sors, bavard.
Maladroit !
LÉVEILLÉ
Je sors.
RAIMOND, à Lubin.
Et toi, sors donc aussi
LUBIN
Oui, voilà comme on vous récompense !
(il sort avec Léveillé.)