‹ [Œuvres choisies]Chapitre 75 sur 558 · ACTE I, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XII

Mais, encore une seule, et je suis satisfaite.

Comment avez-vous pu quitter la garnison ?

FLORIMOND

En quittant le service.

ÉniA^TE.

Ah!.., pour quelle raison?

F L O RIM OND

Eh ! mais... c'est que d’abord le service m’ennuie ;

Et puis, je ne veux plus de chaîne qui me lie...

Hors la vôtre : comblez mes souhaits les plus doux : Je suis tout à l’amour, madame, et tout à vous.

Oui, sous vos seules lois je fais gloire de vivre :

Vous voyagez, partout je suis prêt à vous suivre ; Vous retournez à Londre, et j’en suis citoyen :

Votre pays, madame, est désormais le mien.

fi LIANTE.

Je ressens tout le prix d’un pareil sacrifice...

Pardon; j’ai cru vous voir très-content du service.

FLORIMOND

Ah! vous étiez à Brest alors, et je m’y plus :

Mais l’ennui règne aux lieux que vous n’habitez plus.

Ê LIA N TE

Et moi, de cet ennui m’avez -vous crue exempte ? Aurais-je été de Brest aussi longtemps absente,

Si l’affaire qui seule ici me fit venir,

Quinze jours, malgré moi, n’eût su m’y retenir.

Ils m’ont paru bien longs ! et distraite, isolée,

Au milieu de Paris j’étais comme exilée.

FLORIMOND

Qu’entends-je ! vous m’auriez quelquefois regretté?

Je ne méritais pas cet excès de bonté.

ELI AN TE

Mais vous faisiez de même, au moins j’aime à le croire. Je me disais : « Je suis présente à sa mémoire 1 « Sans doute il songe à moi comme je songe à lui. » Cette douce pensée allégeait mon ennui.

FLORIMOND, à part.

Chaque mot qu’elle dit ne sert qu’à me confondre.

L’INCONSTANT

(liant et avec beaucoup d’embarras.)

Ah! quel monstre, en effet, pourrait ne pas répondre... A ces doux sentiments?... Oui, madame... en ce jour... Je jure qu’à jamais le plus tendre retour...

éliànte. [monde?

Eh! que me font, monsieur, tous les serments du Sur de meilleurs garants ma tendresse se fonde :

J’en crois votre âme franche, exempte de détours,

Qui toujours se peignit en vos moindres discours...

FLORIMOND, toujours avec embarras.

C’en est trop-,.. Vous jugez de mon cœur par le vôtre... Moi, je ne prétends pas être plus franc qu’un autre.». Mais jamais de tromper je ne me fis un jeu,

Madame; et quand ma bouche exprime un tendre aveu, C’est que j’aime en effet, et de toute mon âme.

Ah! je vous crois sans peine.

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