‹ [Œuvres choisies]Chapitre 80 sur 558 · P AD RI G E · texte numérisé non relu

P AD RI G E

Ah !... j’ai bien votre fait.

FLORIMOND

Bon.

PÀDRIGE.

Un garçon docile* intelligent, discret.

Honnête homme, surtout.

FLORIMO ND.

Eh! voilà mon affaire.

PADRIGE.

Je le crois. Si pourtant il n’eût pas su vous plaire, J’en avais un autre.

FLORIMOND

Ah!.... Cet autre, quel est-il?

PADRIGE.

. / CTest un laquais charmant, du plus joli babil.

"f FLORIMOND.

Fort bien.

; ;p ADR IG JE.

De la toilette il connaît les finesses ;

Il ïUa servi qu’abbés, que petites maîtresses :

Il est élégant, souple, et prompt comme l’éclair.

FLORIMOND

J’aime mieux celui-ci.

PADRIGE, à part.

Courage!

L’INCONSTANT

FLORIMOND

Allez, mon cher,

% PADRIGE.

J'aurais pu vous parler d'un autre domestique;

Mais j’ai craint que monsieur n’aimât point la musique.

FLORIMOND

Si fait. Cet autre donc est un musicien?

PADRIGE.

Oui, fort habile : il est un peu fou...

FLORIMOND

Ce n’est rien.

PADRIGE.

Sans doute. Gomme un maître, il pince la guitare,

Sait jouer de la flûte.

FLORIMOND

Eh! c'est un homme rare.

PADRIGE.

Ce n'est pas tout ; il a le plus joli gosier;

Sa voix aux instruments saura se marier.

FLORIMOND

Bravo! voilà mon homme : allons vite, qu’il vienne.

PADRIGE.

Mais êtes-vous bien sûr, monsieur, qu'il vous convienne ? Car le dernier toujours est celui qui vous plaît.

FLORIMOND

Oh! non, je m’y tiendrai.

PADRIGE, à part, voyant venir Crispin.

Diable ! un autre paraît.

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