SCÈNE y
FLORIMOND CRISPIN
FLORIMOND
On te nomme?
CR I S. P I N, toujours avec l’accent gascon.
La Flur, pour vous servir.
FLORIMO ND.
J’aime ce nom.
Lafleur !
CRISPIN
Monseu mé fait beaucoup d’honneur.
FLORIMOND
D’où sors-tu donc ?
De chez un ancien militaire.
FLORIMOND
Quel homme?
L'INCONSTANT
CRIS PIN
Eh ! mais, il est d’un fort bon caractère : Parfois un peu bizarre, à ne vous point mentir;
Mais, tout coup vaille, encor je voudrais le servir.
FLORIMOND
Pourquoi l’as-tu quitté?
crispin. ^
C’est bien lui qui mé quitte.
FLORIMOND
Et pour quelle raison?
CRISPIN
Il né me l’a pas dite,
Monseu.
FLORIMOND
Ton air, je crois, ne m’est pas inconnu.
Mais... quéque part aussi... je crois vous avoir vu.
FLORIMOND
Eh! mais.
CRISPIN, à part.
Nous y voilà.
FLORIMOND
N’est-ce pas toi?
CRISPIN
Peut-être.
FLORIMOND
Mais oui, c’est toi, Crispin.
CRISPIN, reprenant sa voix naturelle.
Non pas, mon ancien maître; Ce n’est plus lui : Crispin n’était point votre fait ;
Il n’était plus le mien, et je m’en suis défait.
FLORIMOND
Es-tu fou ?
CRISPIN
Mais, monsieur, franchement pour vous plaire, J’ai d’un peu de folie orné mon caractère.
D’abord d’un autre nom j’ai trouvé le secret,
Et je me doutais bien que ce nom vous plairait.
J’ai, dépouillant ma cape, et mes gants, et ma veste,