‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 34 sur 131 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

CONTINUATION DK LA PRIiFACE

OU

REPRISE DES IDÉES GÉNÉRALES (t).

Je prie le lecteur de se rappeler que, dans la première partie de la Prétace qui se trouve en tète de cet ouvrage, j'ai dit :

« Je suis poussé à l'exécution de ce plan de travail « bien plus par la conviction du besoin que la société (c en a, que par le sentiment de ma capacité pour four- « nir une carrière aussi longue et aussi dilficile. Je « déclare, en y entrant, que je suis prêt à quitter la « direction de l'entreprise , que mon plus grand désir « est de voir une personne plus capable que moi s'en « charger, et que je deviendrai pour elle un colla- « borateur qu'elle emploiera comme elle le jugera à « propos. »

Que j'ai encore dit :

« En communiquant ce commencement de mon tra- « vail à quelques physiologistes, je fais appel d'un « collaborateur dont j'ai grandement besoin; je fais « appel d'une personne qui soit plus capable que moi

(1) Dans leditioii donnée par M. Enlanlin ce tiiic oi>l rmiiilan' par lolui-d : CUiNCLlSiUN DE CETTE PREMIÈRE LIVRAISON.

^OTF, PF.S ÉDITKI RS.

« de remplir une tâche aussi importante pour l'espèce « humaine, et qui est, je le crois, infiniment au-dessus « de mes forces. »

Que j'ai dit aussi :

« Ce travail doit être le résultat des efforts combinés « des physiologistes et des philosophes ; or, il est bien <c vrai que je l'ai projeté avec un physiologiste, mais il « est également vrai que j'ai travaillé seul et sans « aucun secours à son exécution. »

Enfin, que j'ai terminé cette Préface en disant :

« Je suis convaincu qu'il existe des personnes infic( niment plus en état que moi de mettre ce plan à « exécution; je les invite à en prendre la direction; « le plus beau jour de ma vie sera celui où elles pri- « meront mes idées, et où elles présenteront des « conceptions plus capitales, plus claires, plus utiles « que les miennes. «

II est bien essentiel que ces idées soient présentes à l'esprit du lecteur, quand il jugera cette première livraison de mes pensées; car s'il les perdait de vue, il considérerait l'ébauche que je lui présente comme un travail définitif, le jugement qu'il porterait serait trop sévère et ne déciderait pas la question. Il s'agit seulement de savoir si sur cette esquisse on peut faire un bon ouvrage. Quant à moi, j'en suis convaincu; ma conviction, à cet égard, se fortifie à mesure que mon travail avance. A mesure qu'il avance, mes conceptions deviennent plus claires et elles se basent plus solidement.

Je me bornerai dans cette seconde dissertation sur mes idées générales, à réexposer celles qui sont directement relatives à la science de l'homme. Je réussirai.

j'espère, à les présenter avec plus de clarté que je ire l'ai fait dans la partie de cette Préface qui se trouve en tête du Mémoire. Le premier exposé était un aperçu, celui-ci est un résumé, mais ce résumé n'est autre chose qu'une seconde esquisse ; il est l'aperçu du travail définitif à faire sur la question.

Dans le moment actuel, le meilleur emploi que nous puissions faire des forces de notre intelligence, est : 1° de donner à la science de l'homme le caractère positif, en la basant sur des observations et en la traitant par la méthode employée pour les autres branches de la physique ; 2° d'introduire la science de l'homme (ainsi basée sur les connaissances physiologiques) dans l'instruction publique, et d'en faire le principal objet de l'enseignement.

Pour atteindre ce but, il faut organiser les séries suivantes :

PREMIERE SERIR.

Comparaison entre la structure des corps bruts et celle des corps organisés.

En résultat de cette comparaison, démonstration que les effets produits par les corps bruts et que l'action des corps organisés sur ce qui leur est extérieur, sont proportionnés au degré de perfection de la structure des uns et des autres.

DKLXIKMK SKKIK.

Comparaison des divers corps organisés, sous le rapport de leur degré d'organisation.

En résultat de cette comparaison, démonstration 1" que l'homme est le mieux organisé, c'est-à-dire le plus organisé de tous les corps qui nous sont connus; 2° que plus un animal est organisé, plus il est intelligent.

TROISIEME SEKIE.

Comparaison entre l'intelligence des animaux à différentes époques de leur existence.

En résultat de cette comparaison, démonstration que tous les animaux sont susceptibles d'un perfectionnement proportionné au degré de perfection de leur organisation primitive et que si l'homme est le seul animal qui se soit perfectionné, c'est par la raison qu'il a empêché l'intelligence des autres animaux de prendre le développement dont elle était susceptible.

QUATRIÈME SÉRIK.

Comparaison de l'état des connaissances de l'Espèce humaine, aux différentes époques de son existence.

En résultat de cette comparaison, démonstration que rintelligence humaine n'a jamais cessé de faire des progrès, qu'elle n'a jamais eu une marche rétrograde.

Page 1