LETTRE A M. LE DOCTEUR BOUGON
Mon cher docteur, mon travail est bien loin d'être terminé, mais il est beaucoup plus avancé qu'à l'époque où vous avez eu la complaisance de recevoir communication de mes idées. A cette époque ce n'était qu'un aperçu, c'est aujourd'hui une ébauche régulière. Ainsi que vous le verrez par le morceau que je vous envoie et par un second morceau que je vous ferai passer incessamment, ce travail serait bien plus avancé si vous aviez voulu, comme je vous y engageais, réunir vos efforts aux miens. Cette lettre a pour objet de solliciter de nouveau votre puissante coopération. Je l'insère ici parce que ce n'est pas à vous seulement que j'adresse cette demande, que je la fais également aux personnes qui, comme vous (elles sont en excessivement petit nombre), ont reçu de la nature la sagacité suffisante, et ont acquis les connaissances nécessaires pour traiter la question à l'éclaircissement de laquelle j'ai consacré ma vie.
En vous écrivant cette lettre, je ne perds pas de vue I9 question, je ne détourne pas l'attention du lecteur, car il s'agit d'une application de la science de l'homme,
puisqu'elle a pour objet de vous démontrer que le meilleur usage que vous puissiez faire des forces de votre intelligence pour l'utilité de vos compatriotes, pour la satisfaction de vos collègues et pour votre bonheur personnel, est de les consacrer tout entières au travail dont j'ai l'honneur de vous offrir une ébauche en vous priant d'agréer tous mes remerciements et l'assurance de ma sincère reconnaissance pour le service que vous m'avez rendu ainsi qu'à la science et que j'ai relaté plus haut.