DEUXIEME PARTIE
Nous diviserons également cette deuxième partie en quatre sections.
PREMIERE SECTION
Nous présenterons dans cette première section les deux idées de Newton repensées et conçues à priori. Nous démontrerons :
1° Que par cette opération, on comprend, on lie entre elles toutes les vérités trouvées par Newton, et on fait disparaître les erreurs qu'il avait commises, c'est-à-dire l'opposition dans laquelle il avait placé certaines de ses vues ;
2° Que par cette marche on rallie toutes les découvertes en physique générale, faites depuis Newton, à celles que ce grand homme nous a laissées;
3° Que par ce moyen on organise une théorie qui conduira vraisemblablement à la découverte des faits
nécessaires pour soumettre au calcul l'obliquité et l'excentricité des orbes des astres dépendants du système solaire en raison de leur densité, ainsi que du degré de rareté des milieux dans lesquels ils parcourent leur carrière.
DEUXIEME SECTION
Nous ferons voir les avantages, particuliers pour l'astronomie et généraux pour la science, qui résulteront de la marche à priori; nous ferons sentir qu'il est important de donner à cette direction la même vogue que la direction opposée a constamment eue, et, même, de plus en plus, depuis le calife Al Mamoun jusqu'à ce jour.
TROISIÈME SECTION
Nous ferons voir dans cette troisième section, qu'on donne aujourd'hui beaucoup trop d'importance à l'analyse algébrique, et qu'on fait trop peu de cas de l'analyse logique, ce qui est constaté par le fait que la mathématique se trouve en tête de toutes les sciences dans l'Institut, tandis que la logique n'est pas même admise dans la première classe. Nous ferons remarquer que l'analyse logique est la seule qui puisse être employée dans la physiologie et notamment dans la science de l'homme qui forme la sommité de cette branche de nos
connaissances. Nous ferons voir que la mathématique, dans ses parties transcendantes, ne peut être appliquée qu'à des phénomènes dépendant de la physique des corps bruts, ce qui est d'un intérêt très secondaire en comparaison de ceux de la physique des corps organisés. Enlin nous démontrerons qu'il est important pour le bonheur de la société de diminuer un peu le degré de considération dont la mathématique jouit dans ce moment.
Ce ne sera point la considération des mathématiciens que nous dirons qu'il est utile de diminuer, mais seulement de la mathématique, car les mathématiciens sont aptes à être bons logiciens, ils sont aptes à faire faire des progrès à la science de l'homme, ils sont même, en général, plus aptes que d'autres, 1" parce que la mathématique donne de bonnes habitudes logiques, 2° parce que la mathématique, dans ce moment, depuis assez longtemps, étant la science la plus considérée, les têtes les plus fortes se sont de préférence livrées ti cette direction. Nous rappellerons que c'est à Condorcet, mathématicien distingué, que la science de l'homme doit le dernier pas important qu'elle a fait.
QUATRIÈME SECTION
Nous développerons, dans cette quatrième et dernière section, les idées suivantes :
Si Descartes reparaissait aujourd'hui, il rendrait en peu de temps à l'École française la prééminence dont elle a joui. Les circonstances dans lesquelles Descartes
a paru n'étaient point favorables à son génie, et cependant il a fait faire des pas de géant à la science. Que ferait-il donc aujourd'hui que les circonstances seraient le plus favorables possible à la nature de son génie? Nous développerons aussi cette autre idée : L'observation prouve que les révolutions scientifiques et politiques alternent, qu'elles sont successivement, à l'égard l'une de l'autre, causes et effets. Locke et Ne\\1;on ont paru peu de temps après la révolution d'Angleterre, nous devons nous attendre tous les jours à voir éclore des idées scientifiques neuves et de la plus grande importance. Dites-nous, Messieurs, celles que nous vous soumettons ne sont-elles pas de nature à produire une grande révolution scientifique?