‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 84 sur 131 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Action intérieure et extérieure du grand Parlement.

Toute question d'intérêt général de la société euro-

péeiiiic sera porlée devant le grand parleineiil , et examinée et résolue par lui. Il sera le seul juge des contestations qui pourront s'élever entre les gouvernements.

Si une portion quelconque de la population européenne, soumise à un gouvernement quelconque, voulait former une nation à part, ou entrer sous la juridiction d'un gouvernement étranger, c'est le parlement européen qui en décidera. Or, il n'en décidera point dans l'intérêt des gouvernements, mais dans celui des peul)les, et en se proposant toujours pour but la meilleure organisation possible de la confédération européenne.

Le parlement européen devra avoir en propriété et souveraineté exclusive une ville et son territoire.

Le parlement aura le pouvoir de lever sur la confédération tous les impôts qu'il jugera nécessaires.

Toutes les entreprises d'une utilité générale pour la société européenne seront dirigées par le grand parlement : ainsi, par exemple, il joindra par des canaux le Danube au Rhin, le Rhin à la Baltique, etc.

Sans activité au dehors, il n'y a point de tranquillité au dedans. Le plus sûr moyen de maintenir la paix dans la confédération sera de la porter sans cesse hors d'elle-même, et de l'occuper sans relâche par de grands travaux intérieurs. Peupler le globe de la race européenne, qui est supérieure h toutes les autres races d'hommes; le rendre voyageable et habitable comme l'Europe, voilà l'entreprise par laquelle le parlemeni européen devra continuellement exercer l'activité do l'Europe, et la tenir toujours en haleine.

L'instruction publique dans toute l'Europe sera mise sous la direction et la surveillance du grand parlement.

L'n code de niurule laiil générale que iialioiiale et individuelle sera rédigé par les soins du grand parlement, pour être enseigné dans toute l'Europe. Il y sera démontré que les principes sur lesquels reposera la confédération européenne, sont les meilleurs, les plus solides, les seuls capables de rendre la société aussi heureuse qu'elle puisse l'être, et par la nature humaine, et par l'état de ses lumières.

Le grand parlement permettra l'entière liberté de conscience, et l'exercice libre de toutes les religions : mais il réprimera celles dont les principes seraient contraires au grand code de morale qui aura été établi.

Ainsi, il y aura entre les peuples européens ce qui l'ait le lien et la base de toute association politique : conformité d'institutions, union d'intérêts, rapport de maximes , communauté de morale et d'instruction publique.

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